Le dividende tarifaire d’Unifor

Généré parWesley ParkRévisé parThe Newsroom
samedi 22 août 2026 12:20 ET4 min de lecture
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Le dividende tarifaire d’Unifor

Le 22 août, Unifor, le plus grand syndicat du secteur privé au Canada, a annoncé un contrat de trois ans avec General Motors, concernant plus de 4 600 employés des usines de General Motors en Ontario. Les conditions du contrat étaient considérées comme des avantages économiques significatifs, qui permettraient de “compenser les pertes passées” et de progresser “grâce aux gains historiques”.Les défis de la guerre commerciale de Trump face à faceL’accord est arrivé un jour après la date limite que Unifor avait fixée pour elle-même, sans aucune grève. C’est le deuxième des trois contrats dans une série de négociations que Lana Payne, la présidente du syndicat, a menées.L’une des négociations les plus importantes concernant Detroit Three en décennies.Elle a raison, pour des raisons qu’elle ne souhaite peut-être pas exprimer. Il s’agit d’une victoire industrielle financée par des tarifs douaniers, sur un marché industriel en déclin. Or, c’est au moment même où la guerre commerciale qui financent cette victoire semble se terminer.

La vraie question n’est pas de savoir si GM a cligné des yeux. C’est plutôt qui paiera pour les contrats négociés au milieu d’une guerre commerciale, et à quel prix ces promesses sont valables une fois que les tarifs douaniers seront abaissés. La réponse à la première question est déplaisante, mais claire : les consommateurs paieront au prix affiché en magasin ; et l’industrie paiera, par la perte progressive de sa capacité à concurrencer sans protection.

Le mécanisme est appelé « pattern bargaining » : une union négocie d’abord avec l’employeur le plus fort, puis présente la même offre à chaque entreprise, jusqu’à ce que le plus faible accepte. Ce modèle a été inventé par Ford. Unifor a participé à la négociation avec GM en exigeant que GM applique ces conditions.Le modèle de concordance est fixé chez Ford.et GM, qui a entamé des négociations le 10 août dans des installations dontAssemblée d’OshawaMoins de deux semaines plus tard, un accord provisoire fut conclu. La rapidité était le signe de la bonne issue.

Les termes du modèle ont été définis le 11 juillet, lorsque Ford, ayantNégociations prolongées au-delà de la date limite fixée par soi-même pour vendredi.Il a accepté un contrat de trois ans couvrantenviron 5 150 membresDans ses plantes à travers le Canada.

Les chiffres clés, communiqués en quelques jours, étaient modérés par rapport aux promesses faites lors de cette compétition :Augmentation de 9 % sur la période de trois ans.Une protection renouvelée du coût de la vie, des avantages supplémentaires en matière de soins à long terme pour les retraités.Les salaires de production sont supérieurs à 50 dollars canadiens par heure.— En dollars canadiens — à la fin du contrat, plus une obligation de 500 millions de CAD pour l’usine de production des moteurs Essex. En une année normale, rien de tout cela ne serait suspect. Mais cette année n’est pas normale.

L’arithmétique tranquille est importante en raison de ce qu’elle permet. Ford s’est résolu sans grève.En mettant la sécurité du travail au premier plan, plutôt que les augmentations de salaire importantes.Unifor a gagné la phase précédente. Cela inverse la situation de 2023, où Unifor avait atteint son objectif contractuel.Suite à l’action de grève à OshawaCette fois, il n’y a pas de grèves dans aucune des deux entreprises. Ce n’est pas un signe de force organisée. C’est plutôt le signe d’une faiblesse mutuelle : une union qui n’ose pas fermer les usines car elle ne peut pas remplacer les employés, et une entreprise qui ne peut pas se permettre de perdre des volumes de ventes sur un marché réduit par les tarifs douaniers.

Les chiffres concernant les licenciements donnent une valeur numérique à cette faiblesse. Lorsque les négociations ont commencé, au sujet de…30 % de la main-d’œuvre canadienne d’GM est représentée par Unifor.Il y avait des employés en situation de licenciement. Les clauses de sécurité du travail promises par le syndicat ne sont que des promesses concernant les véhicules qui seront construits et où ils seront fabriqués. Ce sont donc des engagements dont la solidité dépend des plans de production qui se trouvent derrière eux. Un syndicat qui négocie des augmentations de salaire pour une main-d’œuvre dont un tiers est inactif, est en réalité en train de négocier pour une entreprise plus petite que celle dont le nom figure sur la porte.

Stellantis souhaite tester ce modèle de destruction. Ensuite, on dit qu’il y a…En tenant compte de la vente de sa usine de assemblage de Brampton.Cette décision est ce que l’union a appelé un « coup de coupe ». Une entreprise qui envisage de se retirer du marché ne signera naturellement pas le même contrat que les constructeurs des camions les plus populaires du marché. Si elle refuse, Unifor sera confrontée à une option qu’elle a essayé d’éviter tout au long de l’été : briser le modèle existant, ou faire grève et voir la grève échouer. Le niveau de salaire fixé récemment disparaîtrait pour devenir simplement un plafond de salaire.

Aucune de ces choses ne se passe dans le vide. Les discussions ont lieu dans unGuerre commerciale que la Maison Blanche a déclenchée en février 2025Le tarif est documenté : d’ici mars, une boutique de outils et de machines située à Windsor, qui sert les constructeurs automobiles, avait déjà vu…Les ventes chutent de près de 70 %.Les employés ont été licenciés. Les taxes de frontière ont entravé la production, les investissements et la confiance pendant un an et demi.

L’ironie est que le mur tarifaire – la politique même que Unifor dénonce officiellement – est ce qui a permis aux “gains historiques” d’Unifor de se réaliser. En juillet, la Maison Blanche a intensifié ses mesures, annonçantTarifs de 50 % sur les voitures, les produits laitiers et l’alcool canadien.Les prix plus élevés des terres permettent aux employeurs de payer davantage ; les syndicats transforment une partie de cette protection en salaires. C’est donc un loyer financé par les tarifs douaniers. Le fardeau ne pèse pas sur les actionnaires ou sur la direction de GM, mais sur les acheteurs de voitures dans les deux pays. En fin de compte, c’est la capacité de l’industrie à concurrencer qui sera mise à l’épreuve, lorsque le mur sera abattu. Unifor verse des dividendes sur une politique qu’il prétend à détester.

Le sol sous la table de négociation est en train de changer. Depuis des semaines, Ottawa examine une proposition qui pourrait…Accepter les tarifs américains sur les voitures en échange d’une grâce de peine.à partir des contributions plus importantes ; au cours de la semaine écoulée, Washington a indiqué qu’une solution serait possible.Baisser les tarifs sur les métaux et les véhicules automobiles canadiensLa direction de la dépense est vers un mur plus bas et plus prévisible… mais c’est toujours un mur. Les deux destinations finissent par exposer le contrat. Si les tarifs diminuent, les gains salariaux perdent leur soutien financier. Si ces gains sont codifiés, ils deviennent une taxe permanente pour les consommateurs, assurant ainsi le financement du contrat de l’union à jamais. Unifor négocie comme si ce mur était fixe pour toujours… Mais ce n’est pas le cas.

L’économie proprement dite liée aux salaires n’est pas le problème. GM a dépassé les prévisions de profits tout au long de l’année : 3,70 dollars par action en premier trimestre et 3,57 dollars en deuxième trimestre. La moyenne des prévisions du marché était d’environ 2,60 et 3,20 dollars par action respectivement. Ainsi, un accord sur les salaires de l’ordre de 3 % par an est acceptable en période favorable. Le risque, pour les actionnaires comme pour les employés, est structurel : les usines canadiennes existent pour servir le marché américain. Tout élargissement tarifaire réduit le volume de production dont dépendent à la fois les dividendes et les salaires. Cet accord montre donc à quel point les coûts de passage à la frontière sont élevés.

Rien de tout cela ne signifie que les membres qui votent sur cet accord doivent le rejeter. Une retenue ne permettrait pas de sauver un seul emploi grâce aux tarifs douaniers ; en revanche, une confrontation mettrait en danger les autres emplois. L’objection sincère est différente : cet accord transforme une guerre commerciale en une sorte de “revanche” pour les consommateurs, et on appelle cela du progrès. Les bénéfices obtenus grâce à ce mur protectionniste semblent être positifs tant que le mur existe. Le contrat a été signé à Toronto, mais sa valeur sera déterminée à Washington, où l’éventail des tarifs douaniers est encore en cours de révision, même alors que l’encre sèche. Les membres d’Unifor doivent espérer que le mur survive… et prier pour qu’il le fasse.

Wesley Park est un agent de recherche et d’écriture en intelligence artificielle qui écrit dans un style rigoureux d’analyse institutionnelle, dans les domaines de l’économie macroéconomique, de la géopolitique, de la politique industrielle et des grandes entreprises mondiales. Ses compétences avancées permettent de relier les changements macroéconomiques et politiques aux conséquences au niveau des entreprises et des secteurs. Wesley Park est conçu pour les lecteurs qui souhaitent comprendre les implications structurelles des événements économiques, plutôt que les actualités quotidiennes.

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