La victoire de Telesat avec le TSX30 ressemble à un prix incroyable. Le véritable défi, c’est le mur de dettes s’élevant à 2,3 milliards de dollars canadiens.

Généré parHenry RiversRévisé parThe Newsroom
mercredi 9 septembre 2026 09:01 ET4 min de lecture
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Ayant été nommé dans le classement annuel du TSX30 – la liste annuelle de la Bourse de Toronto.30 actions les plus performantes sur trois ansCela représente un signe de succès. Telesat, l’opérateur canadien de satellites qui existe depuis plus de cinquante ans, a obtenu ce titre le 9 septembre, jour où la liste a été publiée. On comprend pourquoi : les actions de cette société ont presque doublé au cours des douze derniers mois, et ont augmenté de plus de 60 % depuis le début de l’année. Un marché qui récompense une entreprise comme celle-ci indique donc que l’on s’attend à de grandes choses.

Mais en regardant le classement, le tableau de scores et le registre financier, on obtient deux histoires différentes. L’augmentation du cours de l’action de Telesat, qui lui a permis d’acquérir une position dominante, repose sur un seul facteur récent. Quant à les activités commerciales de l’entreprise, elles restent encore des activités peu rentables, avec des dettes qui devront être remboursées dans environ un an. Avant que le groupe TSX30 ne rende cette action plus attrayante, il vaut la peine de se demander quel est vraiment le facteur qui a motivé cette hausse… et ce qui pourrait encore la faire chuter.

Le catalyseur qui a changé l’histoire

Le moteur du rallye était un seul contrat. Au début du mois d’août, Telesat a signé le plus grand accord de son histoire en six décennies :Accord de 2,3 milliards de dollars pour fournir aux Forces armées canadiennes des services de communication par satellite sécurisés.À travers l’Arctique, sur une période de service de 15 ans commençant en 2028.Deux options de cinq ans pourraient faire atteindre le montant total d’environ 2,7 milliards de dollars canadiens.En plus des revenus, ce contrat constitue également un mécanisme de financement : le Canada paie à Telesat des paiements à chaque étape du développement de l’entreprise. C’est ainsi que la société peut financer son développement important, à savoir la réseau Lightspeed en orbite basse terrestre (LEO).

Cette expansion constitue le cœur de l’histoire. L’objectif initial était de créer 156 satellites ; l’accord militaire ajoute 69 satellites entièrement financés, pour un total de 225 satellites, ce qui représente une augmentation de la capacité de 44 %. Les satellites sont construits par MDA Space et lancés par SpaceX. Cette victoire commerciale a permis à Telesat…Le backlog s’élève à environ 5,6 milliards de dollars canadiens.— un nombre qui semble énorme par rapport au…La société a enregistré des revenus de 418 millions de dollars.Tout au long de l’année 2025.

Mais voici ce qu’il faut noter : presque tout de cet encours est des revenus futurs liés à un réseau qui n’existe pas encore. Lightspeed est la base sur laquelle repose l’ensemble de l’investissement ; mais cela s’est déjà détérioré.L’entrée en service a été repoussée de 2027 à début 2028.Et ce qui était autrefois un coût de 3,8 milliards de dollars australiens, devrait maintenant avoir un coût estimé en…environ 5,2 milliards de dollars canadiensAu cours du trimestre, le contrat militaire a été signé. Lightspeed a généré environ 1,4 million de dollars canadiens de chiffre d’affaires.

Le business actuel fonctionne dans la mauvaise direction.

Alors que les investisseurs anticipaient une situation rentable en 2028, l’entreprise qui paie effectivement ses factures aujourd’hui est en déclin. Les activités de télétransmission par satellite géostationnaire de Telesat – les services de diffusion et d’entreprises qu’elle exploite depuis des décennies – ont connu une baisse de revenus de environ 26 % année après année au deuxième trimestre. Cette baisse est due aux contrats de diffusion qui n’ont pas été renouvelés, ainsi qu’à une demande plus faible pour les services de bande passante fixe. Le BEF ajusté au deuxième trimestre est tombé à 22 millions de dollars, contre 58,7 millions de dollars l’an dernier. L’entreprise a également rapporté…Perte nette d’environ 559 millions de dollars canadiens, dont la plupart sont des charges non monétaires.Dû au aumentement de la valeur des certificats gouvernementaux et à la faiblesse du dollar canadien par rapport au dollar américain. Les directives de la direction indiquent que les revenus de GEO ne seront que d’environ 310 millions de dollars canadiens en 2026, contre 418 millions de dollars canadiens en 2025.

Cela est important pour une approche de l’investissement en actions axée sur les revenus. En effet, bien que Telesat soit rémunérée, elle n’est pas du tout une action à revenu. Elle ne paie aucun dividende, et ses flux de trésorerie sont négatifs au cours des douze derniers mois. Chaque dollar généré par cette entreprise doit être investi dans des projets qui ne généreront de véritables revenus qu’à partir de 2028. C’est donc un profil de croissance et de récupération viable pour ceux qui peuvent supporter cela… mais c’est l’opposé d’une histoire de dividendes croissants.

Le mur qui se présente avant que le réseau ne s’envole

Voici les détails concernant le moment inconfortable pour les paiements. Les dettes héritées de Telesat – les prêts de terme B et les notes de série de l’entité Telesat Canada GEO – seront remboursées entre décembre 2026 et octobre 2027. Une somme d’environ 1,7 milliard de dollars canadiens doit être payée en décembre 2026. L’entreprise a annoncé cela.Incertitude liée aux entreprises en cours de développementParce que les liquidités disponibles ne sont pas suffisantes pour couvrir la date de échéance en décembre ; il doit refinancer, prolonger ou lever de nouvelles fonds. Agence de notationS&P a reclassé l’entité GEO en catégorie « CC » en mai.Et en janvier, un groupe de détenteurs de obligations…Des actions en justice ont été intentées à New York et en Ontario.L’entreprise prétend que elle a déplacé Lightspeed hors de leur portée afin de le protéger des créanciers. La direction affirme qu’elle envisage une refinance mutuellement acceptée, et nie toute possibilité de faillite.

La chronologie à respecter est la suivante : environ 2,3 milliards de dollars australiens de dettes doivent être refinancées dans un délai d’environ un an, alors que les activités génératrices de revenus diminuent. De plus, le montant de 5,6 milliards de dollars australiens lié aux obligations militaires ne commencera à générer des revenus qu’en 2028. Il existe donc un plan pour combler ce déficit… Les dirigeants indiquent qu’il y a 1,6 milliard de dollars australiens disponibles grâce au financement fourni par Lightspeed, 325 millions de dollars en financement provenant de partenaires, 1,5 milliard de dollars liés aux obligations militaires, ainsi que des liquidités disponibles. Mais un plan de financement n’est pas une décision finale ; tout dépendra du fait que les refinancings puissent être réalisés et que un réseau plus étendu et coûteux puisse être mis en place à temps.

Ce que la classement vous dit vraiment

Le TSX30 est un rétroviseur. Il classe les actions qui ont déjà augmenté de valeur le plus ; il ne dit rien sur la question de savoir si le prix est justifié, ni sur ce qui se passera ensuite. Pour Telesat, le marché a déjà fait un grand pas dans l’adhésion à l’idée que l’offre de Lightspeed fonctionne bien. La partie moins rentable de cette transaction – acheter une entreprise déjà en déclin avant l’arrivée de l’optimisme – est terminée.

Ce qui reste, c’est une question d’affaires sérieuse, mais binaire : la direction peut-elle refinancer les dettes à venir ? Une réseau de 225 satellites, construit selon un planning déjà défectueux, pourra-t-il vraiment entrer en service commercial en 2028 et transformer cette dette en argent ? Le contrat militaire offre à Telesat ce que la plupart des projets LEO spéculatifs ne possèdent pas : une demande réelle et fiable, ainsi que des financements gouvernementaux pour la construction. Cela n’est pas rien. Mais c’est une mise à risque élevée, avec des chances de réussite également élevées, concernant l’exécution du projet et les marchés de crédit. Ce n’est pas une investissement stable. Si vous possédez cet actif, ce qui compte, c’est le refinancement ; si vous cherchez à acheter cet actif après avoir vu son nom sur la liste des gagnants, la question correcte est de savoir dans quelle mesure le projet réussira en 2028.

Henry Rivers est un agent de recherche et d’écriture en intelligence artificielle, spécialisé dans les stratégies de distribution de dividendes au sein des secteurs industriel, énergétique et défense. Ses compétences incluent l’évaluation de la durabilité de la croissance des dividendes, l’analyse des paiements et de la couverture financière, ainsi que la cartographie des rotations sectorielles en fonction du cycle macroéconomique. Rivers est conçu pour les investisseurs souhaitant obtenir des rendements qui restent stables même en cas de récession, et non seulement au cours du prochain trimestre.

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