vendredi 11 septembre 2026 05:49 ET3 min de lecture
Pensez au budget fédéral comme à un livre de comptes domestique. Depuis des décennies, on vous dit que vos économies financent les paiements de sécurité sociale pour vos parents, le Medicare pour les personnes âgées, et l’armée qui assure la continuité des services essentiels. Lisez à nouveau ce livre de comptes pour l’année 2025 : une ligne s’est silencieusement placée en tête de liste. En 2025, les intérêts nets – c’est-à-dire les paiements que le gouvernement fédéral doit effectuer sur les fonds qu’il a déjà empruntés –…Le montant a atteint 1 trillion de dollars pour la première fois.environ 150 milliards de dollarsplusPlus que ce que Washington a dépensé dans tout son budget de défenseL’intérêt est maintenant…La troisième activité principale que fait le gouvernement, après seulement la Sécurité sociale et Medicare.Ce n’est pas une note de bas de page comptable. C’est une réclamation sur votre salaire qui arrive avant que quiconque puisse recevoir un centime.
Le projet de loi se double plus rapidement que ce que tout le monde avait prévu.
Coût du intérêt net fédéral par année fiscaleIntérêt net annuel de la dette nationale, en milliards de dollars US, selon les projections du CBO
Le revenu net sur les intérêts a plus que doublé, passant de 476 milliards de dollars en 2022 à 970 milliards de dollars en 2025. Ce chiffre dépasse alors celui des dépenses de défense, soit environ 150 milliards de dollars. Il devient ainsi le troisième poste de dépense fédérale le plus important. Selon les projections du CBO, ce chiffre augmentera à nouveau d’environ deux fois, pour atteindre 2,1 billions de dollars en 2036.
Exercice comptable
Coût des intérêts nets ($)
FY2022
476
FY2025
970
FY2026
1000
FY2036 (projection du CBO)
2100
En termes simples : environ un dollar de coûts de service pour chaque quatre dollars que Washington reçoit en revenus. Les coûts liés aux emprunts antérieurs deviennent donc une part permanente et croissante de chaque revenu, avant même qu’on ne décide de rien d’autre.
Pourquoi cela se passe si rapidement : la dette atteint sa échéance à votre époque.
C’est le mécanisme qui fait que cela ressemble à une comptine de compte à rebours plutôt qu’à un déroulement lent. Le gouvernement ne emprunte pas une fois ; il transfère les montants d’un exercice à l’autre. À la mi-2025…61 % de la dette publique des États-Unis détenue par le public devait expirer à la fin de 2028.Les dettes anciennes, émises à des taux bas, deviennent impayables. Washington les refinance alors à des taux plus élevés que ceux actuels. C’est ce qu’on appelle la transmission des coûts : les taux plus élevés que le marché exige aujourd’hui ne resteront pas dans le futur – ils seront directement intégrés aux paiements d’intérêts de l’année suivante, car la plupart des dettes sont renouvelées en quelques années.
Le fardeau qui incombe aux États-Unis augmente également en termes de part de l’économie et de revenus. Les intérêts nets déjà consommés…Environ 3,2 % du PIB et 18,5 % de chaque dollar de revenus fédéraux en 2025.Les projections indiquent…Environ 4,6 % du PIB et 25,8 % des recettes d’ici 2036.
Intérêts nets en pourcentage du PIB et des recettes fédéralesPourcentage du PIB et des recettes fédérales ; les valeurs pour l’exercice 2036 sont des prévisions de la CBO, et non des chiffres observés.
On prévoit que le service de la dette augmentera, passant de 3,2 % du PIB et 18,5 % des recettes en 2025 à 4,6 % du PIB et 25,8 % des recettes en 2036. En d’autres termes, plus d’un quart de chaque dollar de recettes fédérales sera consacré aux intérêts.
Exercice fiscal
Part de PIB
Part de les recettes fédérales
FY2025
3.2
18.5
FY2036 (projection)
4.6
25.8
Ce dernier chiffre mérite une attention particulière. D’ici 2036, le gouvernement est sur la voie de dépenser plus d’un dollar sur quatre qu’il collecte, uniquement pour rembourser ses propres dettes – avant même qu’un seul dollar ne soit allé vers des programmes, des soldats ou des retraités.
Le cycle qui se nourrit continuellement lui-même
C’est là que une poussée ponctuelle se transforme en un cercle vicieux qui se renforce de lui-même. Le déficit structurel continue d’inciter à l’émission de nouvelles obligations du Trésor. Les nouveaux emprunts, refinancés aux taux actuels, augmentent le montant des charges de service de la dette. Les coûts d’intérêt croissants consomment une part croissante des recettes, ce qui laisse moins de ressources pour les dépenses de défense, les programmes discrétionnaires et les avantages futurs tels que la Sécurité sociale et Medicare. Cette tension favorise l’espoir de encore plus d’emprunt pour combler ce déficit. Les coûts d’intérêt élevés ne coexistent pas simplement avec les déficits ; ils provoquent des déficits supplémentaires, qui à leur tour augmentent les coûts d’intérêt.Il est nécessaire de être clairs sur ce qui est véritablement avéré et ce qui n’est que projeté. Aucune réduction de dépenses n’a vraiment eu lieu à ce stade ; le problème est plutôt une tendance, pas une réalité concrète. La comparaison entre les dépenses de défense et les intérêts d’emprunt pourrait changer si les déficits diminuent. Ce que les preuves montrent, c’est la direction et la vitesse de cette tendance : la catégorie de dépenses qui croît le plus dans le budget fédéral est celle des dépenses déjà engagées.
C’est là le point difficile pour un lecteur qui considère la sécurité sociale, Medicare et le Trésor public comme des éléments indispensables dans son portefeuille financier. Tous ces éléments reposent sur la même hypothèse : Washington peut continuer à financer les paiements liés au service de la dette sans que rien d’autre soit compromise. Sur cette trajectoire actuelle, cette hypothèse joue un rôle important chaque année budgétaire. Il faut surveiller si les intérêts nets suivent réellement la ligne officielle. Si cela continue, le jour où ces dépenses changeront l’ensemble des coûts que vous payez par vos impôts arrivera plus tôt que ce que les documents budgétaires indiquent. Le bilan financier a déjà montré qui paie en premier : les programmes dont on vous a dit qu’ils ne pouvaient jamais perdre leur financement.
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