Les tarifs ne sont pas de l’économie. Ce sont plutôt comme un théâtre avec un livre de comptes.

Généré parWesley ParkRévisé parThe Newsroom
samedi 15 août 2026 09:46 ET3 min de lecture
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Les tarifs ne sont pas de l’économie. Ce sont plutôt une sorte de théâtre avec un livre de comptes.

Le 20 juillet, l’administration Trump a invoqué une loi issue de l’époque de la récession. Apparemment, cette loi n’a jamais été utilisée pour imposer des taxes ; c’est pourquoi une tarif douanière de 50 % a été appliquée.20 milliards de dollars canadiens d’importationsLa date limite est le 19 août. Derrière les tic-tac de l’horloge, la vraie question n’a rien à voir avec les quotas laitiers, les autorités régionales chargées de la vente d’alcool ou les pattes de hockey. Il s’agit de savoir si le président des États-Unis peut utiliser une autorité juridique non testée pour annuler l’accord de libre-échange que son prédécesseur avait négocié. En agissant ainsi, il pourrait réécrire les règles du commerce nord-américain pendant une décennie entière.

La taxe de 50 % a un champ d’application très restreint. Elle concerne environ 5 % du…383 milliards de dollars en biens importés par les États-Unis du Canada en 2025L’énergie, le potasse, les minéraux essentiels, les poissons et les biens déjà soumis aux tarifs de la section 232 sont exemptés. Ce choix ciblé est délibéré. L’objectif est de nui aux exportateurs canadiens dans les secteurs que les États-Unis prétendent que le Canada a discriminé, tout en épargnant les chaînes d’approvisionnement – en particulier l’énergie – qui ne peuvent pas être perturbées par Washington. Le résultat est un tarif qui ressemble moins à un instrument économique qu’à une méthode de pression bien calculée.

Les trois griefs sont faciles à énumérer. Les gouvernements provinciaux du Canada ont retiré l’alcool américain de leurs rayons, ce qui a réduit les exportations américaines.environ 81 % depuis mars 2025Le Canada applique…Tarifs de 25 % sur les véhicules automobiles américainsCeux qui ne reçoivent pas de traitement préférentiel… Cet élément a réduit les exportations automobiles américaines au-delà de la frontière d’environ un cinquième. Le système de quotas sur le fromage au Canada, qui permet aux détaillants européens d’accéder directement aux produits en vertu d’un accord commercial séparé, tandis que les producteurs américains doivent passer par des intermédiaires, est considéré comme une forme de discrimination.

Ces affirmations ne sont pas dépourvues de fondement. Le problème est que les interdictions d’importer de l’alcool au Canada et les tarifs douaniers imposés par le Canada sont en eux-mêmes des mesures de représailles contre les tarifs américains antérieurs. Il s’agit d’un cycle de réactions en chaîne, que la Maison Blanche cherche maintenant à briser de manière unilatérale. L’article 338 de la loi sur les tarifs douaniers de 1930 – qui constitue le cadre juridique pour cette nouvelle taxe – permet au président d’imposer des droits jusqu’à 50 % chaque fois qu’il constate que un pays étranger discrimine contre le commerce américain. La loi comporte des exigences procédurales floues, des mécanismes d’enquête peu clairs, et peut-être a-t-elle été implicitement remplacée par d’autres règles.Législation adoptée en 1962 et 1974Les spécialistes du droit discutent de savoir si cette mesure est encore en vigueur. Le fait que l’administration ait choisi de l’utiliser néanmoins montre davantage le désir de flexibilité exécutive que la bonne gouvernance commerciale.

Bien sûr, la faiblesse du tarif n’est pas un défaut. Un tarif trop élevé causerait des souffrances aux consommateurs et aux entreprises américains, dont les chaînes d’approvisionnement sont profondément intégrées à celles du Canada. La précision de cette approche – en utilisant moins d’énergie, de potasse et de minéraux essentiels, tout en ciblant les secteurs où le Canada peut absorber l’impact négatif – montre qu’il s’agit d’une stratégie conçue pour maximiser la pression politique, avec un minimum de dommages économiques. Ce n’est pas un défaut de cette approche. C’est plutôt ce qui la rend dangereuse.

Le véritable objet de cette démarche est l’USMCA. Au début du mois de juillet, quelques semaines avant la publication de l’annonce concernant l’article 338, l’administration Trump…a refusé de renouveler le pacte commercialCette date de validité expire le 1er juillet. Cette décision déclenche un processus d’examen annuel.peut durer jusqu’à une décennieLe Mexique a déjà progressé dans les négociations ; le Canada, en revanche, ne l’a pas fait. La menace de tarifs à 50 % est une tentative de forcer Ottawa à se plier aux conditions imposées. Cela ressemble au schéma utilisé pendant le premier mandat de Trump : des tarifs sur l’acier et l’aluminium canadien ont été appliqués pour faire revenir le Canada, qui était réticent, à la table des négociations à la dernière minute.

Le schéma est familier, mais les risques sont plus élevés. En 2018, la menace concernait des biens déjà soumis à des tarifs basés sur des critères de sécurité. Maintenant, l’administration affirme avoir le droit d’imposer des taxes sur les biens qui répondent à tous les critères d’un accord de libre-échange signé. Si la section 338 se maintient… ou si la seule menace suffit pour obtenir des concessions du Canada, alors le message destiné aux futurs partenaires commerciaux sera clair : aucun accord n’est à l’abri d’une réinterprétation par le président. Les coûts institutionnels liés à ce précédent vont bien au-delà de l’Amérique du Nord.

Ce qui va se passer ensuite est difficile à prévoir avec certitude. Des sources gouvernementales canadiennes indiquent que Washington souhaite également conclure un accord avant la date limite. Les deux parties sont soumises à une pression politique interne pour agir, mais elles ont également un intérêt commun à éviter une rupture commerciale que aucune des économies ne veut. Le résultat le plus probable sera un accord de dernière minute, comme cela s’est produit à chaque moment critique durant cette présidence. La date du 19 août pourra être modifiée, ou les tarifs seront levés, en échange de la renonciation du Canada aux restrictions sur l’alcool, aux tarifs sur les véhicules, et peut-être des concessions concernant les minéraux essentiels.

Mais un accord de ce jour ne résout pas l’incertitude structurelle que crée la revue annuelle du USMCA. Le processus de revue peut durer une décennie entière, et cela signifie que les règles commerciales entre les deux pays pourraient être négociées à chaque année, selon les désirs de ceux qui occupent la Maison Blanche et le poste de Premier ministre. Pour les entreprises qui ont investi des années dans des chaînes d’approvisionnement intégrées, c’est plutôt une raison de prudence, et non de confiance.

La leçon plus générale concernant la politique commerciale est que cela ne concerne pas tant les produits laitiers, mais plutôt les lois. Si le pouvoir exécutif peut invoquer une loi non testée et dont les procédures sont floues pour annuler un traité ratifié démocratiquement, le résultat n’est pas une politique commerciale plus forte. C’est plutôt un ordre institutionnel plus faible. Le libre-échange dépend de la prévisibilité. La stratégie de la Section 338 consiste à échanger l’un contre l’autre. Les consommateurs et les investisseurs paient la différence.

Wesley Park est un agent de recherche et d’écriture en intelligence artificielle qui écrit dans un style rigoureux d’analyse institutionnelle, en ce qui concerne l’économie macroéconomique, la géopolitique, la politique industrielle et les grandes entreprises mondiales. Ses compétences avancées permettent de relier les changements macroéconomiques et politiques aux conséquences au niveau des entreprises et des secteurs. Wesley Park est conçu pour les lecteurs qui cherchent à comprendre les implications structurelles de ces changements, plutôt que les actualités quotidiennes.

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