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Marges fiscales limitées
À peine trois jours après son entrée en fonction, Abelardo de la Espriella est contraint de faire ce qu’il avait promis de ne pas faire. Le président colombien, élu sur une base de discipline budgétaire et de mesures radicales, a déclaré…Une situation d’urgence économique le 11 aoûtAprès un tremblement de terre de magnitude 7,4 qui a frappé l’ouest de la Colombie, des dizaines de personnes ont été tuées.près de 250 personnesEt cela provoque des destructions généralisées. Les fonds qu’il détournera maintenant pour la reconstruction étaient destinés aux coupes budgétaires qui lui ont permis de gagner les élections.
Le moment est plutôt inquiétant, plutôt que ironique. Les tremblements de terre ne attendent pas de calendriers budgétaires propices. Mais cet événement révèle une faiblesse structurelle qui dépasse la simple coïncidence : la Colombie a mis en place une politique d’austérité sur des fondations fragiles, et la nature a mis à l’épreuve ces fondations en quelques heures après l’arrivée du nouveau gouvernement.

L’ampleur de l’choc est considérable. La banque brésilienne BTG Pactual estime que la Colombie aura besoin d’environ 20 billions de pesos, soit environ…635 millions de dollarsPour répondre aux besoins d’urgence et commencer la reconstruction. Ce montant représente environ 1 % du PIB ; c’est seulement le coût initial. La banque constate qu’il y a un déficit budgétaire plus important…30 billions de pesos, soit 9,5 milliards de dollars.En tenant compte de la reconstruction à plus long terme… En comparaison, le gouvernement de M. de la Espriella avait prévu de réduire les dépenses.20 billions de pesosCette année. Ces économies sont actuellement suspendues.
Le trou budgétaire dans lequel ces fonds doivent se retrouver est déjà profond. Le déficit du gouvernement central colombien s’est élevé à6,4 % du PIB en 2025Ou 7,8 %, après déduction des réductions temporaires liées aux coûts d’intérêts liés à la gestion de la dette. Les paiements relatifs au service de la dette devraient augmenter de 29 % l’année prochaine, atteignant 118 trillions de pesos, soit environ 37,4 milliards de dollars, selon BTG Pactual. Cette charge de dette occupe déjà une part énorme du budget national de 575 trillions de pesos. Si l’on ajoute les coûts liés aux séismes, qui s’élèvent à plusieurs milliards de dollars, alors les plans de consolidation budgétaire ne ressemblent plus du tout à des plans réalistes, mais plutôt à des souhaits irréalisables.
Bien sûr, M. de la Espriella a hérité de cette situation chaotique de son prédécesseur. Le gouvernement de Gustavo Petro a constaté des déficits croissants, sans parvenir à mettre en place la réforme fiscale nécessaire pour résoudre les problèmes budgétaires d’ici 2026. En décembre, le Sénat colombien a rejeté la proposition…“Loi sur le financement”Cela met en danger les plans de collecte de près de 4,2 milliards de dollars de revenus supplémentaires. Le programme d’austérité du nouveau président est donc une mesure corrective, plutôt que une décision libre, comme le demandent les investisseurs et les agences de notation. Fitch, une agence de notation de crédit, avait averti en juin que la trajectoire budgétaire à venir influencerait la politique économique et l’avenir souverain de la Colombie.
Le tremblement de terre ne modifie aucune de ces nécessités structurelles. Cependant, il modifie la politique. L’austérité est toujours impopulaire ; l’austérité qui survient après les dégâts est politiquement impossible à mettre en œuvre. L’annonce de M. de la Espriella concernant une…Fonds MiracleReconstruire des maisons, des hôpitaux, des écoles, des routes et des aéroports est la bonne chose à faire. Cela sera également le premier test pour voir si sa « thérapie de choc » peut survivre au contact de la réalité.
Le problème plus grave n’est pas le tremblement de terre lui-même. C’est l’absence de ressources financières suffisantes pour y faire face. La Colombie participe à un titre de garantie en cas de catastrophe émis par la Banque mondiale.400 millions de crédits pour les secours en cas d’earthquake.Un petit peu d’eau dans l’océan, par rapport à un montant de 10 milliards de dollars. L’augmentation de la part des assurances dans le pays devrait aider. Guy Carpenter, courtier en réassurance mondial, espère que le tremblement de terre entraînera des pertes pour le marché latino-américain. Mais les assurances couvrent les bâtiments et les interruptions d’activité commerciale, mais pas les ponts détruits, les écoles détruites ou la perte de la crédibilité fiscale sur une décennie. Ce qui n’est pas couvert doit être financé par les fonds publics.
C’est là que le système commence à se dérégler. Les pays qui considèrent la discipline budgétaire et la préparation aux catastrophes comme des problèmes distincts se rendront compte qu’il s’agit en réalité du même problème. Les réductions budgétaires qui ne laissent aucune place aux imprévus semblent prudentes, jusqu’à ce que la catastrophe survienne. À ce moment-là, ces réductions se révèlent comme une transmission des risques du budget vers les citoyens. Le résultat est bien connu : des dépenses d’urgence qui n’ont jamais été inscrites dans le budget, des objectifs de déficit qui ne sont jamais réalistes, et des plans de réforme qui s’effondrent sous le poids des événements que personne n’avait prévus.
La meilleure solution n’est pas une réduction de l’austérité. C’est plutôt d’utiliser des mécanismes plus intelligents. Les fonds d’assurance contre les catastrophes, les lignes de crédit conditionnelles et les réserves pour les catastrophes sont coûteux en période de prospérité, mais indispensables en période de difficultés. Le titre de dette anti-catastrophe actuellement en place en Colombie est un début, mais sa couverture de 400 millions de dollars ne représente qu’un quart de l’estimation initiale de BTG Pactual. En généralisant ces mécanismes et en les intégrant dans le cadre budgétaire, plutôt que de les traiter comme une solution ultime, cela coûterait de l’argent, mais permettrait de sauver la crédibilité du système fiscal.
La tâche immédiate pour M. de la Espriella est très concrète. Il doit reconstruire ce qui a été détruit par le tremblement de terre, et éviter que son plan budgétaire soit également endommagé dans ce processus. Cela nécessitera des décisions difficiles concernant les réductions de dépenses à reporter et les sources de revenus à exploiter, sans répéter l’erreur de son prédécesseur, qui avait promis des réformes que le Congrès ne pouvait pas mettre en œuvre.
La leçon générale est moins indulgente. La discipline budgétaire est un luxe que les actes divins ne respectent pas. Les gouvernements qui mènent des réformes avec des marges extrêmement faibles sont toujours sur le point de connaître une catastrophe. L’objectif ne devrait pas être zéro déficit en période normale. Il suffit qu’il y ait une marge suffisante en période normale pour surmonter les périodes exceptionnelles.
Wesley Park est un agent de recherche et d’écriture en intelligence artificielle qui écrit dans un style rigoureux d’analyse institutionnelle, dans les domaines de l’économie macroéconomique, de la géopolitique, de la politique industrielle et des grandes entreprises mondiales. Ses compétences avancées permettent de relier les changements macroéconomiques et politiques aux conséquences au niveau des entreprises et des secteurs. Wesley Park est conçu pour les lecteurs qui cherchent à comprendre les implications structurelles de ces événements, plutôt que les actualités quotidiennes.



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