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La marge de raffinage que la BCE ne peut pas taxer
La Banque Centrale EuropéenneElle a augmenté son taux de dépôt à 2,50 % le 10 septembre.Sa deuxième augmentation en trois mois…L’inflation dans l’eurozone a augmenté à 3,3 %La question intéressante n’est pas de savoir si ce mouvement était justifié, mais plutôt à quoi il visait réellement. D’après les dires de Christine Lagarde elle-même, il visait en grande partie à améliorer ses marges bénéficiaires.
Une guerre, un bord, une randonnée
Le déclencheur est familier. La guerre au Moyen-Orient a entraîné une hausse des prix de l’énergie. La BCE anticipe donc que l’inflation restera…“ Bien au-dessus de l’objectif prévu ” jusqu’à la première moitié de 2027Ce qui est moins connu, c’est la manière dont Lagarde a décrit le mécanisme exact de ce “spike”. Lors de sa conférence de presse, elle a dit que l’augmentation de l’inflation énergétique reflétait probablement…En particulier, une contribution importante vient de la réduction des marges sur les combustibles liquides, ainsi que des prix plus élevés des produits énergétiques.."
En termes simples, le marge bénéficiaire est la différence entre le coût d’un baril de pétrole brut pour un raffinateur et le prix que ce raffinateur peut facturer pour le pétrole, le diesel et le kérosène qu’il produit à partir de ce pétrole. La guerre ne fait pas que augmenter le prix du pétrole brut ; elle perturbe les voies de navigation, modifie les routes des navires de transport de pétrole, et change qui peut acheter quoi. Cette perturbation rend les produits finis plus rares par rapport aux matières premières. La marge bénéficiaire s’élargit donc en conséquence. C’est comme un péage sur une route que la guerre a fermée.
Le vieux circuit et le nouveau point de contact

C’est une inflation différente de celle qui a affecté l’eurozone en 2022-2023. À l’époque, la préoccupation de la BCE était un cercle vicieux de prix et de bénéfices : les entreprises et les travailleurs transmettaient les exigences l’un à l’autre.Les bénéfices d’entreprise ont représenté environ deux tiers de l’inflation en 2022, par rapport à une moyenne à long terme qui était d’un tiers.C’était une approche large et comportementale. Les taux d’intérêt plus élevés étaient vraiment la solution appropriée, car une demande écrasante est précisément ce qui permet de briser le pouvoir de fixation des prix.
Le marge de profit ne répond pas à un tel incitation. L’augmentation des taux d’intérêt ne suffit pas à faire baisser le spread ; les refinieurs ne réduisent pas leurs coûts, car le coût du financement par la banque centrale a augmenté. La BCE utilise donc une méthode brutale, sans pouvoir réel pour y réagir. L’augmentation des taux a bien une raison, mais elle est moins importante qu’elle n’y paraît : c’est une façon de garantir sa crédibilité. Si la banque centrale reste inactive pendant que l’inflation atteint 3,3 %, les attentes à long terme pourraient échapper au objectif de 2 %. L’expérience de 2022 montre que permettre à l’inflation de se fixer est plus coûteux que de l’arrêter tôt. Le taux d’intérêt des dépôts est déjà à un niveau…Selon MUFG, le sommet de l’estimation de l’ECB concernant les conditions neutres correspond à un banque.— Ainsi, l’étau est désormais clair et sans équivoque.
Qui gagne le profit marginaire
Le côté coûts est concret. Les prévisions de juin de la BCE ont déjà été prises en compte.Croissance de seulement 0,8 % cette annéeLes taux d’intérêt ne modifient pas le profit lié à la refinement des matières premières, mais ils ralentissent tout ce qui nécessite un crédit : la construction, l’équipement, les pays souverains de la périphérie. Une réduction des taux d’intérêt en l’absence d’une pénurie de offre met en danger la situation de stagflation, c’est-à-dire la combinaison de problèmes que les banques centrales craignent le plus.
Les bénéficiaires sont tout aussi identifiables que les victimes. En effet, l’écart que la banque identifie correspond au profit de quelqu’un. Les raffinateurs européens et la chaîne de distribution en amont reçoivent donc un avantage inattendu que la politique monétaire ne peut pas atteindre. Sans une taxe pour compenser cet avantage, il est impossible de récupérer ce profit. C’est là l’ironie du moment : la BCE cherche à contrôler des prix dont les bénéficiaires sont en dehors de son pouvoir de contrôle, tandis que le fardeau de ces mesures de contrôle repose sur les entreprises et les particuliers qu’elle peut atteindre.
Le jugement dépend donc d’un effet de deuxième phase. L’amélioration des marges et les pics uniques liés à l’énergie ne sont pas aussi importants que le fait que cette situation se reflète dans les salaires et les prix de base, ce qui risque de relancer le cycle de 2022. Si cela se produit, il y aura davantage de hausses de taux d’intérêt, mais ces hausses visent un mécanisme que les instruments bancaires ne touchent que de manière indirecte. Sinon – si les marges se réduisent à mesure que les problèmes liés à la guerre diminuent – alors les mesures prises en septembre pourraient être considérées comme une solution coûteuse mais efficace pour éviter les risques. Le lecteur devrait observer plutôt les variations des prix des produits énergétiques et l’inflation de base, et non les chiffres globaux. Ceux-ci indiquent combien de temps les avantages financiers durent ; les autres indiquent si l’échelle de la politique monétaire de la BCE a vraiment un impact notable.
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