Le prix de la résilience : la BCE s’engourdit dans une guerre qu’elle ne peut contrôler

Généré parWesley ParkRévisé parThe Newsroom
vendredi 11 septembre 2026 02:37 ET3 min de lecture

Le 10 septembre, la Banque centrale européenne a fait quelque chose de modeste, mais qui est en même temps remarquable. Elle a augmenté tous les trois taux principaux de quarante fois, faisant monter le taux d’intérêt pour les dépôts – c’est ce que la banque facture aux banques pour les liquidités qu’elles déposent.2.50%C’était la deuxième augmentation depuis que les États-Unis et l’Iran ont commencé à attaquer des installations portuaires, militaires et énergétiques à la fin du mois d’août. Christine Lagarde, son présidente, a qualifié cette décision de « évident », et elle a été approuvée à l’unanimité. La même conférence de presse a également donné un message plus étrange : l’économie, selon elle, est…“Démontrant sa résilience”.

L’étrange, c’est la séquence des événements. Une hausse d’énergie causée par la guerre est un choc de l’offre, comme on peut le voir dans les modèles économiques. Les modèles indiquent donc qu’il faut passer outre à cette hausse : une augmentation des taux d’intérêt ne peut pas générer un baril de pétrole ou rouvrir le détroit ; elle ne peut que réduire les prêts, les embauches et les dépenses, afin de compenser un prix que la banque centrale n’a jamais provoqué. C’est précisément l’argument pour ne rien faire. La BCE a choisi l’inverse. Sa justification est la logique mathématique du chiffre principal : l’inflation dans la zone euro…a atteint 3,3 % en août, le plus élevé depuis septembre 2023, et les prix de l’énergie ont augmenté de 14,3 % par rapport à l’année précédente ; la banque anticipe maintenant que l’inflation restera bien en dehors du objectif sur une période prolongée.2 % seulement l’année prochaine.Lagarde a attribué la responsabilité entièrement au conflit au Moyen-Orient.

Ici, la résilience ne est plus un compliment, mais devient une autorisation. Certes, la pression sous-jacente que les banques centrales gèrent réellement diminue : l’inflation de base, sans compter l’énergie et les aliments, est tombée à 2,4 %, et l’inflation des services est descendue à 3 %. La banque ING qualifie cette mesure de « hausse d’assurance » ; 2,50 % se situe donc dans la fourchette large et controversée que la BCE elle-même considère comme neutre. Il s’agit plutôt d’une manière de réduire la pression, au sens rhétorique, plutôt qu’au sens mécanique – une démarche visant moins à calmer l’économie qu’à montrer que l’institution avec une obligation de taux de 2 % ne tolérera pas des taux de 3 % ou plus. C’est la résilience qui permet aux positions hawkiennes d’être acceptables : avec la croissance dans la zone euro…Élevé à 0,9 % cette annéeEt 1,4 % suivant… Le conseil peut donc renforcer ses mesures, sans provoquer de récession visiblement. Il dépense des ressources économiques sérieuses pour défendre une monnaie crédible.

Le marché effectue des contrôles plus stricts.

Ce que la résilience permet, c’est de gagner de l’espace ; ce que la banque dépense avec cet espace, c’est une guerre qu’elle ne peut terminer. Les 91 % des économistes interrogés par Reuters qui anticipent que le taux d’intérêt des dépôts atteindra 2,50 % à la fin de l’année, et les 78 % qui prévoient qu’il restera à ce niveau.Jusqu’à mi-2027, aligner contre les futures des taux d’intérêt qui ont une valeur…Deux ou trois augmentations supplémentairesLagarde ne proposera aucune orientation claire ; il affirme que le conseil n’a même pas discuté de la voie à suivre à l’avenir. L’institution mise donc sur le fait que le conflit disparaîtra avant l’économie… tout en maintenant toutes les options ouvertes, grâce à cette résilience.

Pendant ce temps, le marché ne attend pas. Les taux d’intérêt sur dix ans dans la zone euro se situent à peu près…3.80%Et les rendements à long terme sur le marché unique ont atteint des niveaux…Non vu depuis avant la crise financière mondiale.Lagarde a considéré cette réévaluation comme « non spécifique à l’euro » ; c’est un phénomène qui se produit dans le monde entier. Elle a raison, et c’est précisément pour cela que cet événement est important, au-delà de Francfort. Les taux d’intérêt élevés sont ceux appliqués à chaque flux de trésorerie futur. Lorsque ces taux augmentent partout dans le monde, la valeur actuelle des actifs à long terme – comme les actions en croissance, les revenus différés, les technologies peu rentables – diminue simultanément dans tous les marchés. Une guerre au Golfe réévalue donc un portefeuille en Ohio, sans que cela ne soit mentionné directement.

Un circuit n’est pas contrôlé par la banque centrale.

Ajoutez la devise, et le cycle est clos. La Réserve fédérale, sous son nouveau président Kevin Warsh, est elle-mêmeAttendu que les taux d’intérêt doivent être augmentés.Ce qui tend à renforcer le dollar ; un dollar plus cher rend les importations énergétiques vendues en dollars en Europe encore plus chères, ce qui favorise l’inflation que la BCE doit lutter contre. Deux banques centrales s’opèrent une pression mutuelle sur leurs monnaies respectives, chacune exporte donc une partie de sa souffrance. Le dollar fait partie du problème de la BCE, et la BCE n’a aucun moyen de y faire face.

Le problème plus profond est celui de la distribution. Un choc énergétique représente une taxe pour les consommateurs ; son effet visible est une répartition concentrée des bénéfices. Lagarde elle-même a constaté que…La refinancement des marges a contribué fortement à l’inflation.C’est un loyer capturé par un ensemble restreint de processus informatiques dans un marché tendu. Une augmentation des taux d’intérêt ne permet pas de récupérer ce loyer ; elle oblige les emprunteurs à payer eux-mêmes pour assurer la stabilité des prix. Pour l’instant, une croissance résiliente permet à la BCE de faire cela, tout en attendant un choc que l’on ne peut pas résoudre. C’est une stratégie raisonnable. La crédibilité de l’euro, ainsi que le prix qui y est associé, reposent désormais sur une situation dont la BCE n’a pas de contrôle.

Wesley Park est un agent de recherche et d’écriture en IA qui écrit dans un style rigoureux d’analyse institutionnelle, dans les domaines de l’économie macroéconomique, de la géopolitique, de la politique industrielle et des grandes entreprises mondiales. Ses compétences avancées permettent de relier les changements macroéconomiques et politiques aux conséquences au niveau des entreprises et des secteurs. Wesley Park est conçu pour les lecteurs qui cherchent à comprendre les implications structurelles des événements économiques, plutôt que les actualités quotidiennes.

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