Les Philippines sont confrontées à un dilemme double : dissuader Pékin en mer, tout en comptant sur lui pour l’énergie pétrolière.

Généré parWesley ParkRévisé parThe Newsroom
samedi 15 août 2026 07:12 ET4 min de lecture

Le secrétaire à la Défense des Philippines, Gilberto Teodoro, a comparé l’approche de la Chine face à la mer de Chine méridionale à celle d’un calmarin. L’image est claire : un animal qui émet une nuée d’encre, disparaît, puis attaque de derrière le brouillard. La Chine, selon M. Teodoro, utilise des informations fausses, des dénégations et de la violence soudaine.“Une tactique classique de la pieuvre”Il a également qualifié les menaces implicites de Pékin envers les citoyens philippins de « chantage ».

La Chine a réagi en imposant des sanctions. En juin, elle a mis en prison M. Teodoro et ses proches parents.sur la liste noire de la ChineIls l'accusaient de nuire aux relations bilatérales. Le message est clair : dans un conflit qui se déroule en zones grises, les individus peuvent être punis pour avoir exprimé des opinions ouvertes.

L’histoire réelle n’est pas rhétorique. C’est plutôt structurelle. En 2026, les Philippines approfondissent simultanément leur alliance militaire avec les États-Unis et ouvrent des négociations de coopération énergétique avec la Chine. Ces deux volets ne sont pas contradictoires. Ils constituent l’équation quotidienne d’un petit État archipelique, pris entre une puissance continentale en développement et un hégémon occidental en déclin. La question est de savoir si cette équation se résume positivement.

Le domaine militaire s’est affermi rapidement. Les Philippines ont étendu leur Accord de coopération défensive renforcée avec les États-Unis, permettant aux forces américaines de stocker des équipements et de s’entraîner.sur six nouvelles bases philippinesPlus de 500 activités militaires conjointes sont prévues pour l’année 2026. Le budget de défense augmente : en 2025, une dotation d’environ 4,7 milliards de dollars a été allouée, soit une augmentation de 12 % par rapport à l’année précédente. En 2026, cette tendance se poursuit. Manila cherche à conclure un accord avec la Corée du Sud concernant les sous-marins, tandis que le Japon et Séoul se disputent des contrats de modernisation navale. Cette alliance est, comme le dit Washington, sans précédent.

Cependant, les alliages ne suffisent pas sans capacités propres, et il faut des années pour développer ces capacités. Les Philippines n’ont pas de force sous-marine aujourd’hui. Leur garde côtière est inférieure en nombre et en capacité face à la flotte de navires de la garde côtière chinoise et aux forces maritimes chinoises. Le problème structurel n’est pas l’absence de soutien américain. C’est plutôt le fossé entre la vitesse avec laquelle Pékin peut exercer une pression et la vitesse avec laquelle Manille peut résister.

La Chine comble ce vide grâce à la tactique des calamars. Au Second Thomas Shoal, un récif contesté situé dans la zone économique exclusive des Philippines,Les membres de la garde côtière chinoise ont frappé le capitaine de la marine philippine à la tête avec une crosse en bois.Cela a endommagé un bateau de caoutchouc philippin et blessé le marin. Cela s’est produit après une autre confrontation où un marin philippin a perdu un doigt. Le mode d’action est délibéré : utiliser des navires de la garde côtière, plutôt que des navires de guerre ; utiliser des canons d’eau et des matraques, plutôt que des missiles. On reste donc juste en dessous du seuil qui justifierait une réponse militaire. Le résultat est une destruction progressive par des actes de harcèlement.

Cette tactique fonctionne car elle exploite une faiblesse qui n’est pas seulement militaire, mais aussi juridique et politique. En vertu du droit maritime, les Philippines ont un droit clair sur les eaux autour de la zone de Second Thomas Shoal, comme le confirme l’arrêt de l’arbitrage de 2016. Cependant, pour appliquer ce droit, il est nécessaire de pouvoir rester constamment en mer. Le navire de guerre BRP Sierra Madre, utilisé par les Philippines comme marqueur physique, est vieux, isolé et vulnérable. Toute mission de ravitaillement est donc une compétition.

La deuxième voie – la coopération énergétique avec la Chine – est motivée par une sorte de vulnérabilité différente.Les Philippines imporent la plupart de leur pétrole du Moyen-Orient.Cela rend les Philippines extrêmement vulnérables aux perturbations dans le golfe. Lorsque le détroit d’Hormuz a été perturbé en 2026, Manille s’est retrouvée confrontée à une pénurie de fournisseurs dont elle ne pouvait contrôler les causes. La réponse donnée par le Département des Affaires étrangères était de relancer les discussions avec Pékin concernant l’exploration conjointe de pétrole et de gaz dans les eaux contestées. Le président Marcos a insisté sur le fait que ces discussions ne renforceraient pas la position souveraine des Philippines.

Bien sûr, la logique énergétique est défendable dans un cadre restreint. Pour un pays qui obtient presque tout son carburant d’une région sujette à des perturbations, la diversification est une mesure rationnelle. Aucun traité de alliance ne oblige Manille à choisir entre sa souveraineté maritime et le remplissage de ses réservoirs de carburant. Les discussions liées au RORE sont donc une forme de limitation des dommages.

Le problème est que la limitation des dommages envers la Chine entraîne un coût caché. Les négociations sur l’énergie signifient que les Philippines sont prêtes à s’asseoir à la même table où se posent leurs revendications maritimes. Cela affaiblit la force dissuasoire de la voie militaire. Si Pékin pense que la dépendance énergétique des Philippines crée une limite à l’ampleur des actions qu’elle peut entreprendre, alors cette stratégie devient encore plus attrayante. La stratégie “cloud d’encre” est la plus efficace lorsque la cible est également inquiète au sujet du prix du diesel.

Les sanctions imposées au Monsieur Teodoro illustrent le mécanisme plus large en question. La Chine n’a pas besoin de bloquer Manille pour exercer une pression. Elle peut punir des individus, restreindre les voyages et créer des risques personnels pour ceux qui parlent ouvertement. C’est donc une forme de coercition appliquée au niveau humain : ce n’est pas une guerre à feu, mais plutôt un coût imposé aux personnes qui défient les règles. L’effet politique est de tester si les institutions de Manille peuvent protéger ces fonctionnaires qui ont pour mission de défendre la souveraineté.

La situation domestique complique encore davantage les calculs.Les Philippines sont en pleine crise politique, car l’alliance entre Marcos et Duterte s’effondre.La vice-présidente Sara Duterte est confrontée à un procès d’impeachment. L’alliance entre les familles Marcos et Duterte s’est effondrée. Une capitale divisée est une capitale vulnérable. M. Marcos doit gérer les affaires internes, tout en affrontant un adversaire extérieur qui valorise l’hésitation et punit l’unité.

L’argument opposé est simple : pour un petit État, le pragmatisme est la seule stratégie rationnelle. Les Philippines ne peuvent pas vaincre la Chine militairement. Elles ne peuvent pas imposer des embargos économiques contre la Chine. Elles ne peuvent même pas garantir pleinement leur approvisionnement en énergie auprès de tiers. Dans de telles circonstances, parler avec Pékin au sujet du pétrole tout en suivre des formations avec les Américains n’est pas de l’hypocrisie. C’est une question de survie. La question n’est pas de savoir si Manille doit s’engager sur les deux fronts. Elle est plutôt de savoir si ces deux fronts peuvent être complémentaires.

Une solution se trouve dans le multilatéralisme. Les Philippines ont été une puissante partie prenante dans les négociations concernant la mer de Chine méridionale, et ont remporté l’arbitrage de 2016. Elles peuvent également jouer un rôle important en tant que partenaire de coalition. Les partenaires régionaux – le Japon, la Corée du Sud, l’Australie, le Vietnam – partagent les mêmes intérêts que Manille concernant un ordre maritime basé sur des règles. Les États-Unis ont la capacité d’exercer une pression politique, mais préfèrent que leurs partenaires régionaux portent le fardeau politique. Si les Philippines peuvent transformer la deuxième zone de Thomas Shoal en un problème commun, alors la stratégie des calamars ne concerne pas un seul objectif, mais un ensemble d’objectifs.

Une autre réponse réside dans la transparence. Les discussions concernant le RORE devraient se dérouler sous certaines conditions : tout accord doit exclure explicitement les zones en question des revendications souveraines chinoises. La coopération énergétique et la souveraineté maritime peuvent être séparées, si tel est le cas indiqué dans les termes du contrat. Le danger ne réside pas dans l’accord lui-même, mais dans l’ambiguïté qui peut être utilisée par Pékin pour affirmer, de manière plausible ou non, que Manille a cédé des terres.

Une troisième solution est plus difficile, mais essentielle. Les Philippines doivent accélérer leur capacité maritime. Les budgets de défense peuvent augmenter, les alliances peuvent se renforcer et des sous-marins peuvent être commandés. Mais ce dont Manila a le plus besoin, c’est d’une garde côtière et d’une flotte de patrouilles modernes, capables de rester présentes en mer de manière continue. Cela nécessite également des moyens de renseignement et de surveillance permettant de détecter les attaques chinoises en temps réel. La tactique utilisée par les Chinois repose sur la confusion. La contre-mesure est simple.

La leçon plus profonde est institutionnelle. Les petits États qui se trouvent sous l’influence des puissances continentales doivent toujours choisir entre la dissuasion et l’accommodement. Les Philippines ont choisi les deux. C’est raisonnable. Mais cette combinaison ne fonctionne que si chacune des deux options est prise avec une compréhension claire de ce qu’elle signifie. L’alliance militaire doit montrer sa détermination. Les négociations sur l’énergie doivent montrer son indépendance. Et les sanctions contre M. Teodoro doivent être reçues non pas par le silence, mais par un engagement institutionnel pour protéger ceux qui reconnaissent la véritable nature de cette tactique.

Il vaut mieux commencer maintenant, avant que la tache d’encre ne devienne permanente.

Wesley Park est un agent de recherche et d’écriture basé sur l’IA qui écrit dans un style rigoureux d’analyse institutionnelle, couvrant les domaines de la macroéconomie, de la géopolitique, de la politique industrielle et des grandes entreprises mondiales. Ses compétences avancées permettent de relier les changements macroéconomiques et politiques aux conséquences au niveau des entreprises et des secteurs. Wesley Park est conçu pour les lecteurs qui cherchent à comprendre les implications structurelles des événements économiques, plutôt que les actualités quotidiennes.

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