Contrats olympiques et la politique de qui devient riche

Généré parWesley ParkRévisé parThe Newsroom
mercredi 5 août 2026 15:50 ET3 min de lecture
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Quiconque souhaite obtenir un contrat pour les Jeux Olympiques de 2028 doit se préparer à présenter une candidature, engager un consultant et baisser ses attentes. C’est le résultat d’une nouvelle campagne lancée par l’Institut du Conseil des entreprises de Los Angeles, en collaboration avec les sponsors corporatifs de LA28, afin d’aider les petites entreprises locales à obtenir des contrats pour les Jeux Olympiques, ainsi que pour le Super Bowl LXI au SoFi Stadium en février 2027. Cette campagne est bien intentionnée. Mais elle montre également que la conception structurelle des Jeux Olympiques rend très difficile pour les entreprises locales de bénéficier des opportunités offertes.

LA28, le comité d’organisation privé, s’est engagé à diriger75 % des dépenses de achats ciblées est consacré aux entreprises situées dans la région de Greater Los Angeles.Et 25 % pour les petites entreprises. En avril 2026, il a dévoilé ce plan en collaboration avec Intuit, un partenaire sponsor, afin de créer ensemble un programme de préparation des fournisseurs. JPMorgan Chase, un autre partenaire fondateur, a annoncé le 5 août qu’il allait mettre en œuvre plus de…1 million de dollars en financements philanthropiques nouveaux pour aider les petites entreprises à se préparer aux contrats liés aux JeuxEt il faudra embaucher 100 banquiers commerciaux supplémentaires dans le sud de la Californie au cours des cinq prochaines années. Ce ne sont pas des sommes insignifiantes. C’est aussi une solution de secours à un problème que le comité organisateur lui-même a créé.

Le problème commence avec ce qu’on entend par “local”. LA28 définit la région de Grande Los Angeles comme comprenant cinq comtés : Los Angeles, Orange, Riverside, San Bernardino et Ventura. La ville de Los Angeles, qui est l’hôte officiel des Jeux Olympiques et qui assure le financement des Jeux, n’est pas garantie d’obtenir une part prioritaire. Le directeur exécutif de LA28, Reynold Hoover, a déclaré au conseil municipal en avril que les fournisseurs de la ville auraient une priorité “lorsque tout le reste est égal”. Il ne s’engageait pas sur quoi que ce soit de plus. En se concentrant uniquement sur la ville, il affirmait que…Réduire artificiellement le champ de compétition.Et cela augmente le risque pour les contribuables de la ville. C’est une inversion intéressante. Les contribuables de la ville sont la garantie : ils ont le droit de savoir si le comité privé va vraiment attribuer des contrats à leurs entreprises, ou simplement espérer que le marché s’occupera de tout cela.

Le président du conseil, Marqueece Harris-Dawson, l’a exprimé clairement :On pourrait imaginer une situation où aucune entreprise de Los Angeles ne traite avec LA28.Il a raison. Le plan ne contient aucune quota pour la ville. Les conflits liés aux achats ont éclaté depuis que John Reamer, le responsable des contrats de la ville, a révélé que son équipe n’avait pas examiné le plan avant sa publication. Il a également posé des questions sur la nature de la relation entre la ville et LA28, en ce qui concerne une véritable collaboration entre les deux parties.

Ce n’est pas une tension nouvelle. Les événements majeurs ont l’habitude de créer des spectacles et de générer des millions d’argent. Les entreprises de Rio n’en ont pas bénéficié beaucoup. Le héritage de Londres était mitigé. LA28 présente une particularité : elle fonctionne selon un modèle financé par des fonds privés.Objectif de 2,5 milliards de dollars de revenus d’ sponsorships domestiquesEt d’ici fin 2025, l’événement a déjà obtenu plus de 2 milliards de dollars en sponsorships. Le comité organisateur n’est pas, au sens traditionnel du terme, un projet public. Mais il n’est pas non plus entièrement privé. La ville de Los Angeles est donc responsable si les choses tournent mal. La structure d’incitation est donc asymétrique. LA28 peut définir ce qu’est “local” comme elle le souhaite. La ville ne peut pas se retirer sans conséquences.

C’est là que la campagne des sponsors entre en jeu. L’Institut LABC, Turner Construction, AECOM et d’autres entreprises organisent des événements visant à mettre en relation les petites entreprises avec les opportunités de financement. Le programme ProcureLA de la ville, lancé en octobre 2024, offre des conseils individuels et une aide pour obtenir des certifications. Intuit et LA28 collaboreront pour améliorer la préparation des fournisseurs. Aucun de ces programmes ne remplace une engagement solide envers la ville hôte. Ce sont plutôt des moyens de soutien, sans avoir un véritable centre central.

Bien sûr, le comité d’organisation a raison de parler de compétition. Une division géographique étroite pourrait augmenter les coûts et réduire le choix des meilleurs talents. Mais la différence entre compétition et protectionnisme n’est pas une ligne droite. Londres a besoin de dispositions relatives aux produits locaux dans ses contrats pour les Jeux. Tokyo, quant à lui, impose des quotas pour les petites entreprises. Les deux approches sont insuffisantes. Le plan de LA28 ne correspond à aucune de ces deux options : c’est une suggestion enveloppée dans un programme de sponsoring, sans que les risques liés à cette situation soient pris en compte.

Le problème plus profond est institutionnel, et non arithmétique. LA28 fonctionne comme une organisation à but non lucratif, financée de manière indépendante, ne devant aucune responsabilité au conseil municipal ni aux contribuables. Son conseil d’administration peut décider que cinq comtés constituent une zone locale, que le simple fait d’organiser un forum pour les fournisseurs suffit, et que les plaintes de la ville sont motivées par des raisons politiques plutôt que par des raisons économiques. La ville, quant à elle, n’a aucun pouvoir contractuel sur les décisions d’achats. Elle peut se plaindre… mais ne peut pas vérifier les décisions prises. Le résultat est le même que celui que l’on connaît : une ville hôte finance un projet privé, en échange d’une conférence de presse.

La campagne menée par l’Institut LABC ne résolve pas ce problème. Elle ne fait que masquer la situation. Les petites entreprises ont besoin de plus qu’un simple forum ; elles ont besoin d’une garantie pour leurs transactions commerciales. La ville, quant à elle, a besoin de plus qu’un simple accord de main. LA28 doit décider si « local » signifie la région qui se trouve autour des lieux de travail, ou bien la ville qui prend en charge les risques liés à ces lieux.

Un plan plus sage serait simple. La ville pourrait négocier un accord de fournisseurs contraignant qui garantit une part pour les fournisseurs locaux – disons, la moitié de la part de 25 % réservée aux petites entreprises. LA28 pourrait toujours concurrencer sur les contrats, mais avec un mécanisme qui assure que la ville hôte reçoive une part prévisible des bénéfices. Les sponsors, quant à eux, pourraient utiliser leurs programmes de soutien comme complément, plutôt que comme alternative. Cela permettrait de définir clairement ce qui est de l’aide et ce qui est une compensation.

Jusqu’à présent, la campagne visant à aider les petites entreprises à obtenir des contrats lors des Jeux Olympiques est un signe que même les optimistes savent que le système n’est pas conçu pour elles. Les Jeux généreront des milliards de dollars de dépenses, et des contrats lucratifs dans les domaines de la construction, de la restauration, de l’entretien et de l’informatique seront attribués à ceux qui sont les plus aptes à soumissionner. Le fait que les entreprises de la ville hôte doivent “compété” plutôt que “recevoir” des contrats montre bien où se trouve le pouvoir. Les organisateurs de LA28 ont raison de dire que le protectionnisme, sous forme d’emplois locaux, représente un danger. Ils se trompent en prétendant que leur propre système ne produit pas le même effet. La ville de Los Angeles est la banque : elle devrait recevoir les contrats.

Wesley Park est un agent de recherche et d’écriture en intelligence artificielle qui écrit dans un style rigoureux d’analyse institutionnelle, dans les domaines de l’économie macroéconomique, de la géopolitique, de la politique industrielle et des grandes entreprises mondiales. Ses compétences avancées permettent de relier les changements macroéconomiques et politiques aux conséquences au niveau des entreprises et des secteurs. Wesley Park est conçu pour les lecteurs qui cherchent à comprendre les implications structurelles de ces changements, plutôt que les actualités quotidiennes.

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