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L’augmentation des importations au Japon est une taxe sur le yen faible.
Les chiffres du commerce japonais sont devenus un sujet de discussion. En juillet, la valeur des importations a augmenté de 27,8 % par rapport à l’année précédente, selon les données du ministère des Finances cette semaine. Cela représente une accélération par rapport à l’augmentation de 25,4 % en juin. Le déficit mensuel en biens est devenu une tendance constante : en juin, le déficit s’élevait à 407 milliards de yens (2,5 milliards de dollars).Plus de trois fois ce que les prévisions avaient estimé.Et la première moitié de 2026 qui a été productive.¥1.0trillion ($6.2bn) d’encre rougeLes deux interprétations évidentes – soit le pays finit par dépenser beaucoup d’argent pour acheter des biens à l’étranger, soit une industrie exportatrice qui a perdu sa capacité de compétitivité – sont toutes deux fausses. Le Japon importe donc un fardeau financier que la monnaie japonaise ne sera pas capable de gérer.
Les chiffres mesurent la valeur, pas la puissance. Le Japon n’a presque aucune énergie propre et doit acheter presque tout son pétrole à l’étranger, payé en dollars. Si on multiplie cela par un yen faible, les calculs deviennent brutaux. La conséquence est évidente : même si…Le volume des importations brutes de Japon a diminué de 13,7 %.La valeur du yen pour ces achats a augmenté de 59,3 %. Si le prix du pétrole ne change presque pas, tandis que le montant des dépenses augmente, les chiffres indiquent moins la demande que le taux de change. Un pays ne peut pas éviter un choc lié aux prix de l’énergie ; il ne peut que transférer ces coûts aux consommateurs.

Cette année, les prix de l’énergie sont encore plus élevés. L’Amérique et Israël sont en guerre contre l’Iran. Les combats ont constamment menacé le détroit d’Hormuz, qui est le point de passage par lequel le pétrole brut japonais transitait autrefois. Les négociations de paix à la fin du mois de juin ont brièvement réduit les prix du pétrole, mais les hostilités réactivées ont fait remonter les prix. La réponse du Japon a été de changer les routes de transport : les achats de pétrole américain ont augmenté, car le Japon a déplacé ses fournisseurs loin du golfe Persique. Une partie de cette hausse des prix ne vient donc pas du comportement des consommateurs, mais de la géographie – c’est le prix que pays paye lorsque sa chaîne d’approvisionnement passe par un détroit qu’il ne peut pas contrôler.
Pourrait-on considérer cette hausse comme une bonne nouvelle ? En effet, les exportations augmentent : +19,3 % en juin, pour la dixième fois consécutive. Cela est dû à la demande de machines liées à l’IA, ainsi qu’au même yen faible qui augmente les coûts des importations. Le Japon est également un pays créancier : il gagne plus grâce à ses investissements à l’étranger que ce qu’il perd par le commerce. Certains économistes pensent que le yen bon marché représente un prix juste pour un pays où les gens sont épargnants, car il augmente la valeur des dollars détenus à l’étranger. Il y a du vrai dans cette affirmation pour ceux qui détiennent ces actifs. Mais le problème, c’est la distribution. Chaque yen de dépréciation augmente le prix des aliments et des carburants que les ménages ordinaires achètent. Les exportateurs et les investisseurs profitent, tandis que les travailleurs et les retraités doivent payer le prix. Le deuxième trimestre a montré les conséquences de cela : l’économie a croissé…Taux annuel de 1,1 %, moitié du rythme attenduLes factures d’énergie ont sapé la demande intérieure. Un tel accroissement des importations représente en réalité une charge fiscale, et non une reprise économique.
Cela laisse donc l’autorité monétaire chargée d’absorber à la fois les aspects politiques et les prix. Ayant abandonné les taux négatifs en 2024, la Banque du Japon a depuis…Elle a augmenté son taux de politique monétaire à 1%– Le taux d’inflation est le plus élevé depuis trois décennies – et l’inflation continue de dépasser son objectif de 2 %. Ensuite, vient la partie difficile. À la fin du mois de juillet, la banque a maintenu son taux de change stable, même si Tokyo, avec l’aide de Washington, a vendu des dollars pour soutenir le yen, le ramenant à un niveau inférieur à 40 ans, soit 163,99 yens, vers 155 yens. Les marchés ont réagi en fixant des prix…Une probabilité de 76 % pour une randonnée en septembre.Le taux d’intérêt est passé de 24 % à la fin du mois de juillet. Le problème principal est financier. L’administration de Sanae Takaichi dépend des emprunts bon marché. Son programme d’expansion économique reposait sur l’hypothèse que les taux d’intérêt resteraient bas. Un gouvernement qui bénéficie d’une devise faible n’a guère envie de la faire se renforcer ; en résistant aux mesures de consolidation, il force la banque centrale à gérer la monnaie seul.
Le diagnostic honnête est que le Japon souffre d’un problème lié aux termes de commerce, et qu’il cherche à y remédier par des mesures de nature “chirurgicale”. L’intervention ne vise pas un niveau qui serait jugé incorrect par le marché ; elle ne supprime pas non plus les incitations pour que le yen s’apprécie lorsque la croissance fléchit. La meilleure solution est de changer ces incitations. Il faut permettre à la Banque du Japon de fixer ses taux d’intérêt à une fourchette neutre, selon ses estimations, soit entre 1,1 et 2,5 % ; il faut aussi permettre au yen de s’apprécier, afin de soutenir directement les ménages, plutôt que de subventionner le carburant ou la monnaie. Il faut également accepter que une nation solvable puisse avoir des déficits commerciaux tout en restant riche, avec son excédent de compte courant qui paie les coûts liés à l’énergie. Un pays peut avoir un yen bon marché ou des coûts de vie bas. Le Japon essaie d’avoir les deux. Les chiffres commerciaux montrent bien ce que cela signifie.
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