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La famille contrôlait Pommery. Les banques supervisaient l’argent liquide.
Les déclarations mensuelles arrivent de manière régulière, comme un état de compte bancaire : des informations en français, dépourvues de vie, indiquant que une entreprise de champagne nommée Maison Pommery & Associés… jusqu’à cette année.Vranken-Pommery MonopolesIl possède tellement de actions et tant de droits de vote. La plupart des investisseurs l’ignorent complètement. Sur ce bilan financier, c’est le seul document qui permet de savoir qui détient réellement les clés.
Selon les données les plus récentes, le rapport est presque de deux pour un.Environ 8,9 millions de actions possèdent environ 15,4 millions d’ droits de vote.Selon la législation française, les actions détenues de manière enregistrée pendant deux ans ou plus obtiennent un double vote. Une telle situation signifie que une grande partie des actions est entre les mains des détenteurs à long terme, et non des investisseurs spéculatifs. C’est ainsi qu’une famille fondatrice peut conserver son contrôle sur une entreprise, sans avoir à posséder la plupart des actions.
Les mêmes signataires qui déposent cette déclaration de contrôle se trouvent sous un blocage des paiements contrôlé par le tribunal. À la fin du mois de juin,La dette financière nette s’élevait à 716 millions d’euros, contre 422 millions d’euros de valeur des actifs en bilan.C’est une entreprise qui emprunte avec tous les biens qu’elle possède, dans chaque cave. Puis elle dit à ses actionnaires qu’elle peut toujours se permettre de paraître comme une entreprise de grande qualité.
Deux demandes pour le même argent
C’est le piège habituel d’une entreprise contrôlée par une famille, et qui est fortement endettée : deux personnes se disputent la même somme d’argent, et chacune prétend avoir droit à des dividendes. Les actionnaires – surtout la famille qui contrôle l’entreprise – revendiquent les dividendes. Les créanciers, quant à eux, exigent l’argent qui permet de maintenir l’entreprise en état de fonctionner.
Le conseil d’administration a proposéUn dividende de 0,38 € par action pour l’année 2025.Le versement se fait en décembre. Le rendement brut indiqué est d’environ 3,9 %, en fonction du cours actuel de l’action, qui se situe à environ 9,76 € par action. Ce versement est relativement faible en termes absolus – quelques millions d’euros sur une base de neuf millions d’actions – mais ce n’est pas vraiment la question de la somme. Il s’agit plutôt d’une preuve publique pour la famille que la maison continue de générer des dividendes, que le contrôle reste important. Un mois et demi après l’accord qui permet aux prêteurs de rester satisfaits, les dividendes restent une caractéristique importante de la famille.

Le côté créancier présente une demande contraire. Au début du mois d’août, le tribunal commercial de Reims a approuvé des négociations entre le groupe et ses principaux partenaires financiers.Elle ne bénéficie de financement que jusqu’au 19 juin 2027.Avec une prolongation jusqu’en juin 2028, en fonction des conditions – y compris l’allongement d’une dette de 45 millions d’euros d’un an.Cet accord a apporté 42,8 millions d’euros de financement nouveau, au taux de trois mois d’Euribor plus 3,5%.Et il imposait des obligations :Les distributions aux actionnaires sont limitées à 10,8 millions d’euros.Un montant minimum en espèces, ainsi que la cession des actions de Pommery SAS, les bijoux de famille, en garantie.
Appelons-le comme le document l’indique : la loyauté envers les actionnaires. Dans le calendrier de financement, il s’agit apparemment de intérêts payés pour maintenir les négociations ouvertes. Les résultats semestriels rendent les choses claires.Rentabilité opérationnelle récurrente de 11,2 millions d’euros, et résultat financier négatif de 16,2 millions d’eurosIl est question de savoir si le bilan d’intérêts peut annuler les bénéfices avant impôts. De plus, les résultats du premier semestre ont montré un déficit net de 4,0 millions d’euros, bien que les ventes restent stables.
L’option que la famille a renoncée
C’est là que le contrôle cesse d’être un simple sentiment et devient une valeur sur une table.Début juin, le groupe a entamé des négociations exclusives avec Henkell International.C’est un géant allemand du vin effervescent. Il s’agit d’une partnership stratégique qui aurait pu faire de Henkell le propriétaire majoritaire de l’entreprise. C’est ce que la réalité financière offre à une famille : trouver un partenaire ayant des capacités financières solides, et lui remettre les clés de l’entreprise – c’est exactement ce que la structure de vote double vise à éviter.
Le 31 juillet, l’exclusivité s’est terminée sans accord.L’annonce était encourageante : les deux parties étaient ouvertes à reprendre les négociations. Mais il est important de regarder l’heure… La procédure de conciliation a été lancée le 29 juillet ; l’accord avec les prêteurs a été signé dès le début du mois d’août. La famille a choisi de conserver le contrôle et de emprunter 42,8 millions d’euros à un taux élevé, plutôt que de céder une majorité des parts. Ensuite, ils ont commencé à vendre ces actifs : la marque Heidsieck & Co Monopole. Cela a réduit les ventes au premier semestre de près de 9,6 millions d’euros. Il s’agissait donc de vendre 100 millions d’euros en plus, ainsi que 100 millions d’euros supplémentaires de stocks au cours des quatre prochaines années.
Pour les actionnaires extérieurs, ce changement de nom complète l’image de la société. L’ancienne appellation était Vranken-Pommery Monopole ; aujourd’hui, c’est Maison Pommery & Associés. Le nom “Pommery” est ainsi renforcé, tandis que le nom de famille du fondateur est mis de côté dans les archives. La famille du fondateur conserve cependant son pouvoir de vote. L’identité de la société a été vendue pour protéger les comptes de la société, mais le contrôle sur ces comptes n’a jamais été offert réellement.
Ce que le marché voit déjà
Le marché ne se laisse pas tromper par les dividendes. À environ 9,76 € par action, l’ensemble de l’entreprise – toutes ses 8,9 millions d’actions – vaut environ 87 millions d’euros. Cela représente un huitième de sa dette nette de 716 millions d’euros, et une fraction de ses capitaux propres s’élevant à 422 millions d’euros. Ce qui signifie que les capitaux propres ne valent pas plus d’un cinquième de leur valeur réelle. Le rabais correspond au jugement honnête du marché : les emprunteurs sont avant les capitaux propres ; le montant des intérêts dépasse les bénéfices d’exploitation ; et les capitaux propres, basés sur des terres viticoles et des stocks vieillis, ne sont que aussi réels que le contrat de financement qui les soutient.
Le taux de rendement des dividendes, en soi, semble être une opportunité… jusqu’à ce qu’on réalise que ce taux est élevé en partie parce que le prix de l’action est tombé à un niveau où elle ne vaut presque rien. Les dividendes versés en espèces, que les prêteurs surveillent, ne constituent pas une source de revenu ; c’est plutôt un signe visible de ceux qui ont encore les priorités en tête.
Le calendrier est le véritable levier ; il s’étend jusqu’en juin 2027, avec juin 2028 comme deuxième condition. Il reste à voir si les obligations d’une valeur de 45 millions d’euros seront prolongées, si les ventes permettront réellement de générer 100 millions d’euros, et si les dividendes pourront survivre aux prochaines vérifications des conditions contractuelles. En fin de compte, l’argument en faveur du capital est une mise en jeu : la famille est prête à gagner du temps par son propre contrôle… mais les créanciers ont-ils assez de patience avant ou après cette décision ?
Chaque mois, l’entreprise déclare ses parts et le nombre de votes qu’elle a obtenus. Ce document ne concerne pas vraiment le calcul des votes. C’est plutôt une facture qui est établie pour une famille qui a décidé, la semaine où ses prêteurs ont fermé leur piège, que le contrôle et l’argent sont deux choses identiques. Ainsi, les deux seront représentés sur le même bilan, indépendamment de celui qui finira par payer la différence.
Amara Keene est une écrivaine spécialisée dans les histoires liées aux technologies de l’intelligence artificielle. Elle s’intéresse au prix que les gens doivent payer lorsque l’argent, la loyauté et l’identité se rencontrent.



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