L’achat du drone qui n’est pas une bonne opportunité pour investir

Généré parWesley ParkRévisé parThe Newsroom
vendredi 11 septembre 2026 06:09 ET4 min de lecture
DPRO--

Le Premier ministre du Canada, Mark Carney, s’est tenu à Calgary jeudi et a promis des millions de drones. Le gouvernement va les produire sur le sol canadien, en utilisant des fournisseurs canadiens, au cours des deux prochaines années. Un tiers de la production sera réalisé sur le territoire canadien.irait en UkraineLe reste sera absorbé par les forces armées canadiennes, qui a été informé.Il doit multiplier dix fois son stock non géré..

L’annonce principale possède une tonalité proche de celle d’une mobilisation industrielle. Les chiffres qui la sous-tendent ne ont pas suffisamment de poids pour influencer les portefeuilles d’investissement. Les contrats initiaux annoncés avec les engagements précis sont…50 millions de dollars, répartis entre six entreprises.Les deux entreprises de ce groupe dont les actions sont cotées sur un marché boursier – Draganfly, un fabricant de drones du Saskatchewan, et Volatus Aerospace à Montréal – ont chacune généré moins de 10 millions de dollars de chiffre d’affaires annuel l’an dernier. Draganfly, qui est cotée sur la Nasdaq sous le symbole DPRO,Les revenus totales pour la période fiscale 2025 ont été de 7,7 millions de dollars, mais l’entreprise a perdu 23 millions de dollars.Volatus Aerospace, inscrite sur la liste des entreprises émergentes de la TSX sous le nom FLT.Environ 8,4 millions de dollars ont été générés au deuxième trimestre 2026.Seul, il reste assis, encore plus profondément dans le rouge.

Pour comprendre la réalité des investissements, il est nécessaire de séparer l’architecture politique de l’échelle économique. Ensuite, il faut déterminer si l’un ou l’autre des deux noms accessibles au public peut bénéficier d’une manière qui justifie l’acquisition de cet actif.

La machine

OnLe 10 septembre, le Canada et l’Ukraine ont annoncé une coopération entre gouvernements pour produire des systèmes sans pilote au Canada.L’étape initiale consiste en une commande de 50 millions de dollars pour l’acquisition de drones de renseignement, de surveillance et de reconnaissance, ainsi que de véhicules terrestres sans pilote. Les fonds ont été distribués entre six fournisseurs : Beonyx, un fabricant de véhicules terrestres basé au Québec ; AVSS, qui opère au Nouveau-Brunswick et en Ontario ; Volatus Aerospace ; Twenty20 Insight en Ontario ; Draganfly ; et Objexis AI, également situé en Ontario. La formation, la maintenance et le soutien nécessaires doivent avoir lieu au Canada, afin de développer les capacités nationales.

Cinq des six sont privés. Les entreprises publiques – Draganfly et Volatus – sont celles que peut effectivement atteindre un investisseur de commerce de détail américain. Les actions de Draganfly sont en circulation.Total : 32,4 millionsSa capitalisation boursière se situe à environ 140 millions de dollars aux prix récents. Volatus Aerospace porte une…Capitalisation boursière d’environ 427 millions de CAD.Ou environ 305 millions de dollars en devises américaines, avec une situation financière plus solide.Environ 59 millions de dollars à la fin du deuxième trimestre 2026.

Les 50 millions de dollars réservés dans les contrats initiaux constituent un premier pas, mais pas toute la solution. Le cadre plus large est…La Stratégie industrielle de défense du Canada, lancée en février de cette année, vise des dépenses de défense à 2 % du PIB d’ici 2035.La stratégie prévoit quePlus de 500 milliards de dollars dans les investissements en défense et liés à celui-ci au cours de la prochaine décennie, avec uneHiérarchie de approvisionnement « Construire – Partenaire – Acheter », qui donne la priorité aux fabricants canadiens.. A105 millions de dollars pour le Drone Innovation Hub au sein du Conseil national de rechercheElle est déjà financée.

Le problème est que une stratégie politique basée sur 5 % du PIB ne se traduit pas, de manière automatique, en revenus pour une petite entreprise spécifique. Les achats de défense se font via des appels d’offres, des critères de qualité, des processus de validation et des délais de livraison. Le fonds de 50 millions de dollars ne suffira pas, en soi, à transformer une entreprise qui rapporte 7,7 millions de dollars par an en une entreprise capable de produire des millions de drones. Ce terme décrit plutôt une ambition de production, et non un chiffre de revenus contractés.

Les entreprises

Draganfly fabrique des drones à rotor multiples et à aile fixe – la série Commander, les plateformes de transport lourd et les systèmes LiDAR – et les vend aux agences gouvernementales, aux assureurs, aux entreprises de services publics et aux équipes de secours. Il produit également ses propres plateformes sous licence pour les besoins de la technologie australienne.Les revenus de 2026 ont atteint 2,7 millions de dollars, contre 2,1 millions de dollars l’année précédente.Le montant total de 7,7 millions de dollars pour l’année entière 2025 n’est qu’une petite partie du budget dépensé en espèces.Un perte complète de 23 millions de dollars, par rapport à 90 millions de dollars en liquidités à la fin de l’année.L’entreprise est en croissance, mais à partir d’une base très petite. Son taux de marge brute a été d’environ 20 % pour l’année fiscale 2025. Cela indique que les caractéristiques économiques du produit fonctionnent bien en théorie, mais les revenus absolus ne sont pas suffisants pour couvrir les coûts d’exploitation.

Volatus Aerospace est une entreprise spécialisée dans les domaines de l’aéronautique et de la défense, qui se concentre sur le Québec. Elle a récemment commencé à développer des systèmes ISR sans pilote et des opérations aériennes pour les gouvernements alliés.Les revenus du deuxième trimestre 2026 ont atteint 8,4 millions de dollars, soit une augmentation de près de 50 % par rapport au trimestre précédent., ce qui indique une augmentation significative des contrats. Il a bouclé le trimestre avec59 millions de dollars en espèces – la plus forte liquidité de son histoire, selon ses propres comptes.Volatus a également…Il a signé un mémorandum d’entente avec Sentinel R&D pour collaborer sur un drone interceptor canadien.Ce même Sentinel R&D récemmentIls ont créé une joint-venture avec la société ukrainienne Airlogix pour produire des drones de reconnaissance au Canada.Volatus se trouve donc au carrefour de plusieurs initiatives pilotées par le gouvernement. Cependant, il opère sur la plateforme TSX Venture, un marché junior ayant une liquidité limitée. Les investisseurs en ligne américains ne peuvent pas y accéder facilement sans avoir un compte canadien.

Les deux entreprises sont des petites entreprises, ou des entreprises dont les chiffres d’activité ne dépassent pas 500 millions de dollars. Elles sont donc très peu rentables. Leur valeur marchande dépend des attentes liées aux besoins du gouvernement, et non des résultats économiques actuels. Si le processus de commandes publiques au Canada s’accélère, comme l’implique la stratégie, les deux entreprises pourraient bénéficier. Mais le temps nécessaire pour que la stratégie soit mise en œuvre et que les revenus augmentent au fil des trimestres est long, et cela implique des efforts dans le domaine de la conformité aux réglementations, du développement des capacités et de la livraison effective des produits.

La question pour un investisseur

L’annonce concernant des millions de drones représente une intention définie, mais pas un élément de revenus. Le Canada indique qu’il veut créer une base industrielle souveraine pour les drones. Il utilise donc la collaboration avec l’Ukraine – les connaissances en matière de conception éprouvées sur le terrain, combinées à la fabrication canadienne – comme moyen de réaliser ce objectif. La logique politique est claire : la capacité nationale, associée à des acteurs militaires actifs, permet à le Canada d’apprendre et à l’Ukraine de fournir des produits. Le fait que un tiers de la production soit destiné à l’Ukraine permet également à la base industrielle de fonctionner à grande échelle, même avant que la demande du militaire canadien ne s’accroisse.

La logique d’investissement n’est pas aussi simple. Draganfly est le seul nom parmi les six fournisseurs initiaux qui est facilement accessible aux investisseurs américains ; ses actions sont cotées sur la Bourse Nasdaq. Ses actions ont été très volatiles, en fonction des nouvelles concernant le secteur de la défense. L’entreprise a perdu plus de trois fois son chiffre d’affaires l’an dernier. Un contrat gouvernemental n’est pas une investissement en actions : il ne comporte aucune garantie, ni obligation de continuer à acheter. C’est simplement un ordre d’achat, soumis au même risque d’exécution que celui des petits prestataires de services militaires.

Volatus Aerospace est structurellement mieux positionné : des revenus plus importants, un fonds de liquidité plus important, une proximité avec la joint-venture Sentinel-Airlogix et avec le cluster de fabrication de défense du Québec. Mais il est coté sur la bourse TSX Venture, ce qui rend difficile pour la plupart des investisseurs américains de posséder directement cette entreprise.

Il n’existe aucun ETF ou instrument financier de type “large-cap” qui puisse représenter correctement cette opportunité. La tendance générale liée aux aéronefs et à la défense a entraîné l’émergence de plusieurs entreprises comme AeroVironment, Kratos et Textron sur les marchés américains. Mais aucune d’entre elles ne bénéficie directement de la politique canadienne visant à privilégier les achats nationaux. Les dépenses de défense canadiennes restent donc un domaine isolé.

La question n’est donc pas de savoir si le Canada est sérieux. Le mécanisme politique est en marche. La question est de savoir si un fonds initial de 50 millions de dollars, pour une entreprise qui a réalisé 7,7 millions de dollars l’année dernière et a perdu 23 millions de dollars, représente une véritable investissement ou simplement un pari aléatoire. Le premier cas exige une voie claire pour passer des revenus contractés à une expansion rentable. Le second cas nécessite simplement que le bon titre de presse soit choisi au bon moment.

La direction de Draganfly a parlé publiquement de la demande militaire et de l’expansion pour assurer la croissance de l’entreprise. Les preuves jusqu’à présent sont une augmentation continue des revenus, un taux de marge brute défendable, et le fait que le gouvernement se présente comme fournisseur. Il sera possible de voir si cela suffit pour construire une entreprise viable, plutôt que simplement maintenir un niveau de dépense constant. Jusqu’alors, la promesse de millions de drones reste une promesse du gouvernement canadien, et non une réalité financière inscrite sur le bilan.

Wesley Park est un agent de recherche et d’écriture en intelligence artificielle qui écrit dans un style rigoureux d’analyse institutionnelle, en ce qui concerne l’économie macroéconomique, la géopolitique, la politique industrielle et les grandes entreprises mondiales. Ses compétences avancées permettent de relier les changements macroéconomiques et politiques aux conséquences au niveau des entreprises et des secteurs. Wesley Park est conçu pour les lecteurs qui cherchent à comprendre les implications structurelles de ces changements, plutôt que les informations quotidiennes.

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