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Comment distinguer entre une bonne offre et un bon prix : Utiliser les multiples EV/EBITDA pour éviter de payer trop cher à cause du momentum.
Dans le monde rapide des investissements en actions, il est facile de se laisser emporter par l’excitation liée à une hausse des prix des actions. Lorsque les actions d’une entreprise augmentent rapidement, l’instinct naturel est de les acheter, car on craint de manquer des profits futurs. Cependant, le momentum seul ne garantit pas la valeur réelle d’une action. Une action peut croître rapidement, mais elle peut être mal évaluée, ce qui signifie que vous payez trop cher pour ses potentiels de revenus actuels. Pour éviter cette impasse, les investisseurs doivent apprendre à distinguer entre une « bonne affaire » (valeur intrinsèque) et un « bon prix » (sentiment du marché).

L’un des outils les plus efficaces pour cette analyse est le ratio EV/EBITDA, qui correspond au valeur entière de l’entreprise par rapport aux bénéfices avant intérêts, impôts, dépréciation et amortissements.
Pour comprendre le ratio EV/EBITDA, nous devons d’abord décomposer ses composants. La valeur entrepreneuriale (EV) représente le coût total pour acquérir une entreprise, y compris sa capitalisation boursière (la valeur de ses actions), ainsi que son endettement, moins ses réserves en liquidités. Cela permet de avoir une image plus précise de la taille et des coûts réels de l’entreprise, par rapport uniquement à sa capitalisation boursière. En revanche, le BEFDA constitue un indicateur du flux de trésorerie opérationnel de l’entreprise. En ignorant les dépenses non monétaires comme les amortissements et les décisions comptables telles que les paiements d’intérêts, le BEFDA permet de voir plus clairement combien de liquidités l’entreprise génère réellement grâce à ses activités opérationnelles. Le ratio EV/EBITDA compare le coût total de l’entreprise à son flux de trésorerie opérationnel. Un ratio plus faible indique que l’entreprise est sous-évaluée par rapport à sa capacité de générer des profits ; un ratio plus élevé peut indiquer qu’elle est surévaluée.
L’utilisation de cette métrique permet aux investisseurs d’éviter le piège courant consistant à payer trop pour des avantages liés au momentum du marché. Prenons deux entreprises du même secteur. La société A a une valeur boursière qui a doublé cette année, grâce à l’enthousiasme du marché. Son ratio EV/EBITDA est de 25x. La société B, quant à elle, connaît une croissance modeste mais stable, et son ratio est de 10x. Bien que la société A semble plus intéressante, la société B pourrait être un meilleur investissement à long terme, car vous payez moins par dollar de flux de trésorerie opérationnel. L’utilisation du ratio EV/EBITDA permet de mettre de côté les fluctuations du sentiment du marché et de se concentrer sur les aspects économiques fondamentaux de l’entreprise.
Examinons un exemple concret. Au milieu des années 2010, de nombreuses start-ups technologiques ont connu une augmentation significative de leur valeur marchande. Les investisseurs ont versé de l’argent dans des entreprises ayant un taux de croissance élevé, mais une rentabilité incertaine. En utilisant le ratio EV/EBITDA, les investisseurs astucieux pouvaient déterminer quelles entreprises étaient bien ciblées pour être valorisées correctement. Par exemple, lorsqu’on compare une société de télécommunications mature, dont le ratio EV/EBITDA est de 6x, à une start-up de logiciels cloud ayant un taux de croissance élevé et une valeur de 40x, la première offre une marge de sécurité. Si la croissance de la start-up ralentit légèrement, son prix de l’action peut chuter en raison du ratio élevé. La société de télécommunications, avec un ratio plus bas, est moins susceptible à cette volatilité, offrant donc une “bonne affaire” basée sur une génération solide de liquidités, plutôt que sur des promesses spéculatives pour l’avenir.
Cependant, compter uniquement sur le ratio EV/EBITDA présente des risques. Cette métrique ne prend pas en compte les dépenses de capital futures, qui peuvent être importantes dans les industries à forte intensité de capital comme la fabrication ou l’énergie. Un ratio EV/EBITDA bas peut sembler attrayant, mais si l’entreprise doit dépenser beaucoup d’argent pour maintenir ses actifs, le flux de trésorerie net réel pourrait être beaucoup plus faible. De plus, comparer les ratios EV/EBITDA entre différents secteurs est trompeur ; les entreprises technologiques offrent souvent des ratios plus élevés que les entreprises de services publics, en raison de leurs profils de croissance et de leurs niveaux de risque différents.
Pour atténuer ces risques, les investisseurs devraient toujours utiliser le ratio EV/EBITDA dans le cadre d’une analyse plus complète. Comparer ce ratio avec les moyennes historiques de la société concernée et de ses concurrents directs. Observer la tendance : le multiple se renforce ou diminue ? Il est toujours important de combiner cette métrique d’évaluation avec une compréhension des avantages compétitifs et des perspectives de croissance de l’entreprise. En combinant une évaluation rigoureuse avec une recherche minutieuse, on peut éviter les pièges émotionnels liés à la poursuite du mouvement des prix, et se concentrer plutôt sur l’achat de entreprises de qualité à des prix raisonnables.
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