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Le pari risqué de Carney : le Canada vend des activités diversifiées aux acheteurs qu’il souhaite éviter.
Mark Carney, le Premier ministre du Canada, a passé cette semaine dans une salle de bal d’hôtel à Toronto, afin de convaincre les fonds les plus riches du monde que un pays en guerre avec son plus grand partenaire commercial est en réalité un « port sûr ». La Sommet des investissements au Canada, qui s’est déroulée sur deux jours et qui a été présentée par Ottawa comme la plus grande réunion de décideurs investisseurs jamais organisée au Canada, a rassemblé…Environ 300 dirigeants de fonds et fonds souverainsGérer plus de 120 000 milliards de dollars canadiens en actifs. La demande principale était…1 000 milliards de dollars d’investissements sur les cinq prochaines années.

Le ton serait sans importance si ce n’était pas la réponse à une provocation spécifique. En l’espace d’un an, un président américain a qualifié le Canada de…“51e État” – appelé maintenant Lake Ontario “Lake America”.Et ils ont utilisé une loi qui n’a jamais été appliquée depuis 1930 pour réprimer l’économie canadienne. Le gouvernement de M. Carney a abandonné les négociations commerciales en août.— Ils ont demandé trop, et ils ont offert trop peu.Et Washington a réagi en invoquant pour la première fois l’article 338 de la loi sur les tarifs douaniers de 1930.Un tarif de 50 % sur environ 20 milliards de dollars de biens canadiensCanadaÉquivalent en dollars, pour chaque dollar.Sur un volume de importations américaines comparable, avec les taxes…Arrivée le 8 septembreLes estimations initiales prévoyaient une perte de 90 000 emplois canadiens.
Un Premier ministre qui, grâce à son attitude anti-Trump, a réussi à renforcer sa popularité dans les sondages d’opinion, essaie maintenant de transformer cette situation en une opportunité de croissance. Son argument principal repose sur des facteurs solides : un rating AAA, le taux de dettes nettes par rapport au PIB le plus bas au sein du G7…Taux d’impôt effectif marginal sur les investissements dans de nouvelles entreprises : 6,4 %Cela réduit la part de l’Amérique à 16,9 %. Selon Ottawa, c’est aussi le niveau le plus élevé d’investissements étrangers par habitant parmi tous les pays du G7. L’ gouvernement affirme que les exportations non américaines devraient doubler d’ici une décennie ; elles ont déjà atteint 56 milliards de dollars en juillet. La présentation de M. Carney, favorable au FMI – et ce qui représente la deuxième plus forte croissance dans le G7 cette année – vise à montrer que le Canada peut prospérer en se démarquant des autres pays.
Bien sûr, beaucoup de cela est réel. À une époque où la superpuissance utilise ses relations commerciales les plus intégrées comme armes, la stabilité a un prix, et le Canada vend probablement cette stabilité. Le problème est le mécanisme choisi pour payer cette indépendance. La diversification est financée en partie par la vente des ressources du pays. M. Carney a offert des concessions privées concernant les quatre aéroports les plus importants du Canada, et cherche à attirer des capitaux étrangers pour plus de 160 projets, allant des centres de données aux pipelines. Les critiques le qualifient de…Une grande vente à perte au CanadaLe groupe de défense des droits Animalistes Dogwood a souligné que la moitié des acheteurs invités étaient américains.
Il y a là une ironie très piquante au sujet de la conférence : c’est quelque chose sur lequel l’hôte de la conférence ne s’est pas attardé. Un gouvernement qui cherche à échapper à la domination américaine demande donc aux capitaux américains d’acheter ses biens les plus précieux. Les manifestants brandissent des pancartes pour indiquer que vendre des actifs publics aux milliardaires américains est le meilleur moyen de devenir la « 51e État » – un destin que la conférence cherche à éviter. Les taxes d’aéroport payées à un fonds de patrimoine souverain, financé par le droit de gérer les pistes aériennes du Canada, sont en réalité un moyen détourné de se libérer des contraintes liées à ces taxes.
Pour l’instant, le marché ne partage pas l’inquiétude des manifestants. Le plus grand fonds coté en bourse qui suit les tendances du marché canadien a réuni environ 2,5 milliards de dollars en nouveaux capitaux cette année, et environ 500 millions de dollars le mois dernier, malgré l’escalade des tensions. Le volume de capital disponible est limité : 6,8 milliards de dollars, contre une ambition de 1 000 milliards de dollars. Mais la manière dont ces fonds sont alloués montre que les grandes institutions voient encore de la valeur dans les actifs canadiens, même alors que Ottawa et Washington s’engueulent mutuellement.
La question plus importante est de savoir si les calculs d’M. Carney représentent une véritable réorientation ou simplement une nouvelle manière de gérer le statu quo actuel. Doubler les exportations non américaines semble être une solution idéale, mais c’est plus facile lorsque le marché intérieur est délibérément réduit. La part importante des exportations canadiennes continue de traverser la frontière sud. Une décennie de efforts vers l’Asie et l’Europe ne suffira pas pour remplacer une guerre tarifaire qui se déroule à proximité. De plus, tous les postes budgétaires ne sont pas aussi disciplinés qu’il y paraît : le budget d’exploitation devrait être équilibré l’an prochain, en partie grâce aux revenus provenant des ventes à l’aéroport et aux accords commerciaux rapides.
Ce n’est pas un triomphe, mais une mise en jeu. La meilleure défense du Canada contre l’absorption n’est pas des discours sur la souveraineté, mais une alternative crédible au marché américain. Construire cette alternative nécessite précisément cette ouverture et ce capital américain que M. Carney cherche maintenant à obtenir. Le sommet sera jugé en fonction du fait que 1 000 milliards de dollars deviennent des centrales électriques et des pipelines, plutôt que des simples projections. C’est cela, et non les applaudissements de 300 gestionnaires de fonds, qui constituent le seul critère pour que le concept de “port de sécurité” cesse d’être une simple stratégie commerciale.
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