Les élections canadiennes ne sont pas liées à la guerre commerciale.

Généré parDorian ShawRévisé parThe Newsroom
mardi 1 septembre 2026 07:48 ET5 min de lecture

L’histoire politique est que le Premier ministre Mark Carney vient de être à nouveau soutenu par le parti libéral. Le 1er septembre, son parti a remporté les trois élections spéciales dans tout le Canada.Consolider une majorité parlementaireÀ un moment où les États-Unis viennent de imposer des droits de douane de 50 % sur les produits canadiens.

L’histoire des investissements est complètement différente. Le marché boursier canadien a passé la majeure partie de l’année 2026 à s’enrichir grâce au même chaos géopolitique qui a rendu possible ces tarifs. Le TSX a augmenté d’environ…16 % depuis le début de l’année, en termes de dollar américain – ce qui dépasse la performance de l’S&P 500, qui est d’environ 12 %.— Alors que Trump a menacé, négocié, et finalement imposé de nouvelles taxes au Canada. Les élections confirment la stabilité politique. Mais le véritable facteur qui protège le marché n’est pas la mission de Carney. C’est la composition des indices.

Le premier domino est déjà publié ; le suivant n’est encore pas correctement évalué.

Le choc : tarifs de 50 % sur les produits canadiens

Le 21 août 2026, les négociations commerciales entre les États-Unis et le Canada ont échoué. Le président Trump a invoqué une loi issue des années 1930.Section 338 de la loi sur les tarifs, jamais utilisée de cette manière auparavant.– Imposer des tarifs à 50 % sur…Environ 20 milliards de dollars canadiens en biens, ce qui représente environ 5 % des exportations annuelles du Canada.Aux États-Unis. La liste comprenait l’alcool, les produits laitiers et certains produits de consommation. Carney a répondu en imposant des tarifs compensatoires sur 27,6 milliards de dollars de importations américaines, et a suspendu les négociations.

Les droits de douane s’ajoutent aux taxes qui existent depuis le début de l’année 2025 : 25 % sur le acier et l’aluminium, 25 % sur la plupart des voitures (réduits à 12,5 % pour les voitures dont 50 % est produite aux États-Unis), et 10 % sur l’énergie et la potasse. Le tarif général de 25 % qui a été appliqué au Canada en avril 2025 a été partiellement annulé après que la Cour suprême des États-Unis a jugé en février 2026 que Trump avait excédé ses pouvoirs exceptionnels – mais les droits sectoriels restent en vigueur.

Les économistes estiment que les nouvelles tarifs à 50 % réduiront la croissance du PIB canadien d’environ 0,3 à 0,5 point de pourcentage au cours de l’année à venir. La Banque du Canada a déjà abaissé ses prévisions de croissance pour l’année 2026 à 0,7 %, contre 1,2 %.14 600 emplois en glissement annuelD’ici juillet. Le gouvernement a pris des engagements.Près de 25 milliards de dollars en mesures de soutien, y compris un nouveau package de 7,5 milliards de dollars.Annoncé en août.

C’est le premier effet de cette situation : dommages contractuels et opérationnels pour les exportateurs, pertes d’emplois dans les secteurs ciblés, et une réduction de la croissance globale. Ce sont des problèmes réels, mesurables, et ils se reflètent déjà dans les résultats trimestriaux et les données sur l’emploi.

L’atterrissage négligé : le TSX n’est pas construit comme l’économie canadienne.

C’est là que les chaînes de valeur se divisent pour les investisseurs. Les secteurs les plus menacés par les tarifs douaniers – les pièces automobiles, le bois, la viande de bétail – ne représentent qu’une petite partie de l’indice S&P/TSX Composite. Les trois plus grands fournisseurs de pièces automobiles cotés en bourse en Ontario ont chuté temporairement après que le tarif sur les pièces automobiles a été doublé à 50 %. Mais le marché dans son ensemble a ignoré cet impact. La raison en est que les trois secteurs dominants de l’indice – les services financiers, l’énergie et les matériaux – représentent la grande majorité de l’indice, et ils sont donc largement exemptés du régime tarifaire.

Les valeurs financières représentent environ un tiers du marché TSX. De plus, aucun produit physique n’est exporté vers les États-Unis. Les secteurs de l’énergie et des matériaux bénéficient d’exemptions concernant les minéraux essentiels, le potasse, ainsi que le pétrole et le gaz, au moins jusqu’en janvier 2027. Par ailleurs, les mêmes tensions géopolitiques qui entraînent la guerre commerciale font que le prix du pétrole dépasse 100 dollars le baril, tandis que le prix de l’or atteint des sommets depuis plusieurs années. L’indice S&P/TSX Capped Energy a augmenté de 60 % par an. L’indice Capped Materials a grimpé de 66 % en 12 mois. L’indice Capped Financials a gagné 39 %.

Greg Taylor, directeur de investissement chez PenderFund Capital Management, l’a dit clairement : « Le TSX n’est pas l’économie. »

Cette distinction est importante pour tout investisseur qui possède l’iShares MSCI Canada ETF (EWC), l’iShares Core S&P/TSX Capped Composite ETF (XIC) ou tout autre fonds dédié au marché canadien. L’XIC a donné un rendement…16,88 % sur la période actuelle, et 31,43 % sur une année entière.Ces résultats ne sont pas indépendants de la guerre commerciale – en partie à cause du surcyclique des matières premières qui a contribué à déclencher cette guerre.

Deuxième phase : changement de comportement et réponses politiques

La deuxième phase de déploiement commence lorsque les dommages de première ordre obligent à prendre des décisions structurelles. Trois changements de comportement sont déjà en cours.

Les exportateurs canadiens se diversifient.La Fédération canadienne des entreprises indépendantes a interrogé 1 833 membres : 75 %On s’attend à ce que les tarifs augmentent les efforts visant à réduire la dépendance envers le marché américain. 78 % pensent que cela entraînera des pertes de revenus.Cela signifie de nouvelles chaînes d’approvisionnement, de nouveaux clients, et des années de marges plus faibles pour les entreprises touchées. Pour le TSX, le risque est indirect : une base de consommateurs canadiennes plus faible, un marché du travail moins dynamique, et finalement une baisse de la demande de prêts bancaires au niveau national.

Les dépenses gouvernementales pour compenser.La majorité de Carney lui permet de agir rapidement. Le budget fédéral de 2025 a créé un Bureau des Projets Majeurs visant à stimuler des investissements d’un montant de 1 000 milliards de dollars : pipelines, ports, mines, infrastructure de centres de données et développement dans le nord du pays. La politique “Acheter au Canada”, annoncée en novembre 2025, impose des achats nationaux pour les contrats fédéraux. Bird Construction, l’action la plus performante sur la Bourse de Toronto cette année, a augmenté de environ 134 % grâce à ces investissements en infrastructure.

C’est l’amplificateur : la guerre commerciale nuit simultanément aux exportateurs exposés aux tarifs douaniers, tout en finançant la croissance du secteur de la construction et des matériaux, qui contribue au bon fonctionnement de l’indice dans son ensemble. La réponse budgétaire du gouvernement constitue un amortisseur de chocs pour les ménages, et un facteur de demande pour les secteurs qui dépendent de l’indice TSX.

La monnaie fait son travail… puis ne le fait plus.Le dollar canadien est tombé àUn niveau bas de 14 mois, soit 70,2 centimes américains, avant de se stabiliser autour de 72 centimes.Un billet loonie plus faible rend les exportations canadiennes moins chères en dollars américains, ce qui compense partiellement les droits de douane. Mais la monnaie est restée “surprenablement résiliente” face à l’escalade des tarifs, avec une volatilité “très basse” par rapport aux périodes précédentes de la crise. Les investisseurs ne semblent pas se précipiter pour se protéger contre une dégradation supplémentaire du billet loonie – les revers de risque liés aux options à prix constant indiquent que le marché anticipe une solution dans les négociations. Le différend des taux d’intérêt – la Banque du Canada à 2,25 % contre la Réserve fédérale à 3,50-3,75 % – continue de peser sur le billet loonie.

Le pare-feu et le risque restant

Le pare-feu est clair : la composition des indices. Tant que les tarifs restent ciblés sur les secteurs ayant une faible contribution au TSX – et que l’énergie, le potasse et les minéraux critiques restent exonérés – les moteurs principaux de performance du marché boursier canadien restent intacts.

Mais le mur de protection est soumis à une date d’expiration définie par le calendrier. Trump a menacé de imposer des droits de douane de 50 % sur les voitures et pièces automobiles canadiennes à partir du 1er janvier 2027. Les exportations de voitures représentent 7,6 % des biens envoyés par le Canada vers les États-Unis, tandis que les pièces automobiles représentent encore 4,4 %. Bien que les pièces automobiles ne représentent qu’environ 0,5 % du poids total des actions de la TSX, l’impact économique est plus important. Les usines de Ford à Oakville et celles de GM à Oshawa pourraient donc être affectées negativément par ces mesures. L’extension des droits de douane sur l’acier nuirait également au secteur des matériaux.

Un risque plus diffuse se manifeste dans les finances. Selon les analystes, les valeurs des banques ont dépassé les normes historiques. Les perturbations commerciales prolongées – faible PIB, chômage accru, moindre demande en prêts corporatifs – se reflètent finalement sur les bénéfices des banques. Cette transmission est plus lente et moins directe, mais c’est le risque de vente et de rareté le plus important dans le plus grand secteur de l’indice.

Et il y a la question qui cause de l’incertitude : la force du TSX en 2026 est en partie due à la guerre commerciale, mais elle est aussi due aux cycles des matières premières. Le prix du pétrole dépassant les 100 dollars et le rebond du prix de l’or sont des phénomènes mondiaux, et non des effets liés aux tarifs douaniers. Si les prix des matières premières se normalisent – que ce soit grâce aux négociations de paix en Iran, à la relaxation des politiques monétaires de la Fed ou à une faible demande –, les secteurs dominants du TSX seront confrontés à une baisse, indépendamment des politiques commerciales. Il est essentiel de distinguer l’effet lié à la guerre commerciale de l’effet lié aux matières premières avant de considérer que les tarifs douaniers représentent toute la réalité.

Ce que les élections vous disent vraiment

La consolidation politique de Carney élimine une incertitude : le blocage politique au niveau national. Les Liberal peuvent désormais passer des lois jusqu’en 2029 sans avoir besoin du soutien de l’opposition. Cela signifie que les efforts en matière d’infrastructure, la politique “Acheter au Canada” et la stratégie de diversification peuvent continuer sans entrave. Pour les entreprises de construction, les entrepreneurs spécialisés dans les projets de construction et les entreprises de matériaux qui profitent déjà de l’économie liée aux infrastructures, les élections éliminent donc un obstacle politique.

Mais les élections ne changent pas le régime tarifaire des États-Unis, ni ne permettent de renégocier l’USMCA ou d’éviter la menace tarifaire liée aux véhicules d’ici janvier 2027. Le mandat de Carney est donc une mesure de protection interne pour éviter toute paralysie politique – et non un moyen pour Washington de se débarrasser de ses obligations diplomatiques.

La chaîne continue uniquement si :Les menaces liées aux tarifs sur les automobiles et le acier en janvier 2027 se réalisent comme annoncé. Les prix des matières premières restent à leur niveau actuel, ou bien une ralentissement profond de la croissance canadienne commence à affaiblir les portefeuilles de prêts bancaires à grande échelle.

Il s’arrête si :Un accord bilatéral remplace les droits de douane de 50 % avant janvier 2027. Le pétrole et l’or perdent de leur valeur par rapport aux niveaux actuels, et les rendements du TSX se rapprochent de ceux du S&P 500. De plus, si le programme d’infrastructure ne parvient pas à générer la quantité d’investissements promis, l’essor de l’industrie construite s’inverse.

Pour les investisseurs américains qui possèdent des actifs canadiens via des fonds EWC, des ETF internationaux ou des fonds de marchandises mondiales, la leçon est mécanique, et non politique. La guerre commerciale est un sujet d’actualité. La composition des indices est la réalité. Il faut savoir quels secteurs vous possédez réellement, et attendre la date limite du 1er janvier 2027 – et non le calendrier des élections partielles à Ottawa – pour déterminer le prochain point de inflexion véritable.

Dorian Shaw est un auteur de textes sur les systèmes d’IA. Il trace l’impact d’une choc économique à travers les entreprises, les bilans financiers et les portefeuilles de investissements qui en résultent.

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