La guerre commerciale avec le Canada est moins grave qu’elle ne semble.

Généré parWesley ParkRévisé parThe Newsroom
vendredi 11 septembre 2026 16:23 ET2 min de lecture

Le 8 septembre, le Canada a riposté. Des tarifs rétribuables de 15 à 50 % sur environ 20 milliards de dollars de biens américains – lait, parfums, smartphones, papier toilette – ont été appliqués à minuit. Ces tarifs correspondaient au taux de 50 % que la Maison Blanche avait déjà annoncé.environ 5 % de la valeur des importations canadiennesUne escalade pour une autre escalade. Mais malgré tout le bruit, ce qui est frappant dans cette lutte, c’est que très peu des deux économies sont vraiment impliquées dans cette confrontation.

Les deux pays ont visé une catégorie de produits spécifiques : les voitures, l’alcool et les produits laitiers dans le cas américain, et une catégorie similaire au Canada. Le pétrole, le gaz naturel et les minéraux essentiels – qui constituent la majorité des produits que le Canada vend – sont exemptés des droits de douane. Les coûts directs sont donc plus irréguliers. La banque RBC estime que les droits de douane…Il concerne directement environ 0,4 % du PIB canadien et des emplois.Et même ce dommage est concentré dans quelques industries seulement – vêtements, équipements électriques, textiles – qui peuvent partiellement vendre sur le marché domestique. Une guerre commerciale, oui ; mais pas encore une guerre économique.

C’est cette frontière calibrée qui permet à une institution aussi prudente que Macquarie de affirmer, la semaine dernière, que la croissance du Canada peut surmonter les taxes douanières. Il ne s’agit pas de dire que les taxes douanières sont indolores. C’est plutôt que le pays avait déjà commencé la partie difficile. La part des exportations de biens canadiens vers l’Amérique a diminué…environ 75 % en 2024, jusqu’à 69 % à la mi-2026Sur la même période, les expéditions vers le reste du monde ont augmenté d’environ un tiers. Les services – ingénierie, logiciels, intelligence artificielle – représentent maintenant un quart des exportations. Leur croissance est de 8 % par an depuis 2017. En d’autres termes, une décennie de déindustrialisation a fait que le Canada est devenu dépendant des États-Unis. L’ère des tarifs douaniers force donc à une diversification, ce que la politique avait longtemps retardé.

Les amortisseurs de choc

La résilience nécessite également des institutions qui fonctionnent correctement. Le dollar canadien a chuté…environ 73 centimes américainsUne monnaie faible qui amortit chaque exportation et taxe discrètement les importations. La Banque du Canada a…Elle a maintenu son taux de politique monétaire à 2,25%.À travers une vague d’inflation qui a atteint un pic de près de 3 % – une augmentation que l’on peut interpréter comme un surcroît de l’offre en énergie, ainsi que comme un effet ponctuel lié à la taxe carbone, et non pas comme une spirale des salaires et des prix. C’est ce que fait une banque centrale crédible : elle prend en compte le choc, plutôt que de réagir en serrant les taux d’intérêt. Derrière ces deux phénomènes se trouve une situation budgétaire permettant des dépenses, ce qui permet à Ottawa de promettre des subventions pour la défense, l’énergie et l’industrie, sans risque de insolvabilité.

Le marché a largement ignoré cette tendance. Les investisseurs ont injecté de l’argent dans les actions canadiennes tout au long de l’année : l’EWC, le principal fonds ETF canadien, a reçu plus de 2,4 milliards de dollars nets en 2026, malgré les relations de plus en plus tendues entre les différents acteurs du marché. L’idée que la résilience du marché est un facteur important n’est pas seulement affirmée ; elle est déjà prise en compte dans les prix des actions.

Le danger est anticipé.

Mais « résilient » n’est pas la même chose que « prospère », et l’ensemble cache où se situe la douleur. La Banque du Canada prévoit une croissance…à peine 1,2 % cette annéeLe taux de chômage reste entre 6,5 et 7 %, et les pertes d’emplois se concentrent dans les secteurs visés par les tarifs douaniers. En 2025, le Canada fait face à une population en déclin et à des investissements d’entreprise stables par travailleur – une situation difficile à surmonter, et qu’aucune exemption tarifaire ne peut résoudre. La résilience signifie alors accepter les dommages, plutôt que les éviter.

La question plus importante est de savoir si cette frontière étroite restera étroite. Le président Trump a menacé de lever les droits de douane sur les voitures, les camions, les pièces automobiles et l’acier.50 % le 1er janvier 2027C’est une ordre de grandeur différent. Les pièces auto franchissent déjà la frontière…huit fois lors d’une seule réunionUn mur de 50 % dans le secteur de la fabrication le plus intégré du continent transformerait une réallocation gérée en un choc inadapté, affectant un secteur beaucoup plus important et plus difficile à absorber que celui de la mode ou de la laine.

Donc, le résumé honnête pour un investisseur américain est conditionnel. L’économie canadienne se montre résiliente face au régime tarifaire qui, pour l’instant, est conçu de manière limitée. Elle bénéficie également des faiblesses et des institutions qui, depuis une décennie, ont été ignorées par les commentateurs. Cependant, tout cela dépend d’une seule date et d’un seul secteur : savoir si l’industrie automobile sera exclue en janvier. Jusqu’à then, il convient de considérer la résilience du Canada comme réelle, chiffrée, et utilisée comme garantie pour un avenir qui n’est pas encore arrivé.

Wesley Park est un agent de recherche et d’écriture en intelligence artificielle qui écrit dans un style rigoureux d’analyse institutionnelle, dans les domaines de l’économie macroéconomique, de la géopolitique, de la politique industrielle et des grandes entreprises mondiales. Son ensemble de compétences avancées permet de relier les changements macroéconomiques et politiques aux conséquences au niveau des entreprises et des secteurs. Wesley Park est conçu pour les lecteurs qui cherchent à comprendre les implications structurelles des événements économiques, plutôt que les informations quotidiennes.

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