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Les tarifs américains poussent le Canada et l’Afrique du Sud vers Pékin.
L’Amérique aime appeler les tarifs le “bâton” qui oblige les autres à le traiter de manière équitable. Récemment, ce “bâton” s’est appliqué à deux des seuls pays qui ne lui devaient rien : le Canada et l’Afrique du Sud. En août, les États-Unis ont imposé des taxes sur ces pays.Tarif à 50 % sur 20 milliards de dollars de biens canadiens, de la fabrication de produits laitiers à la fabrication de bâtons de hockey, après l’échec des négociations commerciales. Des semaines auparavant, l’entreprise a déménagé…Une tarif de 12,5 % sur les importations sud-africainesune foisLa taxe de 10 % sur la couverture est expirée.Les deux pays n’ont pas grand-chose en commun : continents différents, histoires différentes, économies différentes. Mais la politique commerciale américaine leur a imposé une situation difficile commune, et un stimulant commun.
La première chose qui attire l’attention est à quel point les deux pays étaient complémentaires par rapport à la machine économique américaine. Le Canada est l’économie la plus proche des États-Unis sur terre : ils échangent environ 880 milliards de dollars en biens et services chaque année, et le Canada fournit également l’énergie, la potasse et les produits manufacturés incomplets aux États-Unis. Afrique du Sud est un partenaire moins important, mais essentiel : c’est la principale source américaine de métaux dont dépend l’industrie moderne. Washington provient…96 % de son chrome provient d’Afrique du Sud.Environ 42 % de son platine importée provient de ces pays. De plus, la part de lemnite utilisé pour les armures et les réserves de missiles augmente constamment. Aucun autre pays allié ne possède une combinaison aussi excellente de ressources, de compétences en raffinage et de fiabilité. Les alternatives sont la Russie et la Chine.
Le problème, c’est que ce sont justement les matériaux dont Washington affirme ne pas pouvoir se passer. En janvier…Les minéraux critiques sont déclarés une priorité pour la sécurité nationale.etDes milliards de dollars ont été dirigés vers le Pentagone pour être stockés et sécurisés.Cependant, c’est les deux pays alliés qui les fournissent qui sont sollicités en même temps. C’est là le jeu institutionnel de l’instant : un gouvernement soumis à la sécurité des approvisionnements fait passer les alternatives des fournisseurs eux-mêmes pour meilleures.
Des alternatives existent, et c’est ce que les investisseurs devraient surveiller. Il convient de se demander où se dirige le métal qui est redirigé.Le plus grand partenaire commercial de l’Afrique du Sud est déjà la Chine.Et son raffinage en PGM se déplace vers l’est, car l’électricité et les subventions chinoises sont plus avantageuses que les coûts sud-africains. Une tarif, même modeste, favorise également ce mouvement commercial : lorsque le ministre des Minéraux mentionne la nécessité de nouveaux marchés, il ne parle pas d’Europe. L’analyse canadienne indique également la même direction. La part des exportations canadiennes destinées aux États-Unis est déjà…Descendu de la norme d’avant-guerre, qui était d’environ 75 % à 66 %.Et les deux représailles…Droits de douane équivalents pour certains biens américains d’une valeur de 28 milliards de dollars canadiens, en vigueur à partir du 8 septembre.—Et la politique favorise aujourd’hui la vente ailleurs.
Rien de tout cela ne représente une catastrophe pour ces deux exportateurs. Le Canada a perdu 41 000 emplois en août : c’est un coût réel, mais un coût négligeable par rapport à une économie qui avait constamment créé de nouveaux emplois. Les mines d’Afrique du Sud vendent des ressources rares…Métal soumis à déficitEn un marché mondial où les paiements se font en dollars… Le coût durable est américain : des prix des matières premières plus élevés, et, de manière plus discrète, une garantie de livraison moins fiable pour les secteurs visés par ces tarifs. Une entreprise qui fabrique des voitures, des équipements de défense ou des produits chimiques pour raffinage vient de découvrir que ses deux principaux fournisseurs alliés doivent chercher ailleurs.
La leçon pour un investisseur américain est que ces exportateurs ne représentent pas des actifs fiables à investir. Les prix du palladium et du platine dépendent des ventes de voitures chinoises, ainsi que du fait que les tarifs douaniers restent ou non une problématique pour d’autres pays. Il s’agit de ce que la politique commerciale « America first » n’est pas identique à « American supply first ». Dans les domaines où les importations sont importantes – les minéraux essentiels, l’énergie, les métaux transformés – les tarifs douaniers poussent le commerce vers celui qui paie sans tenir compte des considérations politiques. Les fabricants qui dépendent de ces inputs absorbent donc le coût ; les acheteurs, qui sont prêts à accepter ces produits, surtout ceux de Pékin, profitent de cela. C’est l’effet secondaire que les politiques ne prennent pas en compte… Et c’est celui qui se manifestera dans les bénéfices, longtemps après que les articles liés aux tarifs douaniers auront disparu.

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