Catch pre-market movers with AI signals.
Le fonds de 1,1 milliard de dollars de a16z, « Machine Age » : une erreur de arrondi par rapport aux 700 milliards de dollars investis dans l’IA ; c’est un signe que la valeur de cet investissement a diminué.
Andreessen Horowitz, la société de capital-risque qui a fait sa réputation grâce aux logiciels, a annoncé vendredi qu’elle avait levé des fonds.1,1 milliardpour saPremier fonds dédié au matériel informatiqueLe nouveau « Machine Age Fund » investira dans l’infrastructure informatique sur laquelle fonctionne l’IA : puces, mémoire, réseaux, stockage. De plus, il investira également dans les centres de données, la robotique, ainsi que l’énergie nécessaire pour alimenter ces installations. L’entreprise considère cette nécessité comme urgente : la chaîne d’approvisionnement en IA est limitée par des contraintes physiques et matérielles, et non par des problèmes liés au code.

Le fonds est privé, donc on ne peut pas l’acheter. Mais cela compte tout de même, car il s’agit d’une décision documentée, représentant 1,1 milliard de dollars, concernant la question la plus importante actuellement : si la valeur créée par l’IA se transmettra du domaine logiciel au domaine du silicium, de l’énergie et de l’acier. La première chose qui mérite d’être notée à propos de cette décision, c’est à quel point elle est mince.
Écrivez le nombre à côté de la tâche. Les quatre hyperscalers les plus importants – Microsoft, Amazon, Google et Meta – sont sur la voie de dépenses…Près de 700 milliards de dollars en dépenses de capitaux en 2026Environ 600 fois le montant de ce fonds. Un fonds de 1,1 milliard de dollars ne suffit pas pour financer ces projets ; il s’agit de capitaux de phase de start-up, destinés à soutenir les fournisseurs qui produisent ces produits, et non ceux qui possèdent les projets eux-mêmes. Comparé à l’ampleur d’Andreessen Horowitz, c’est une petite somme : l’entreprise gère…Plus de 100 milliards de dollars en actifsDonc, ce véhicule représente environ un pour cent de son « livre ». Le décalage entre les deux est ce qui fait la particularité de cette initiative. Il ne s’agit pas d’un fonds destiné à financer des projets physiques ; c’est plutôt un fonds conçu pour prendre des risques sur les entreprises qui le fournissent. La raison pour laquelle un petit fonds peut transmettre une grande idée, c’est que celui qui l’a créé est une entreprise qui a présenté le matériel informatique comme une activité secondaire au cours d’une décennie marquée par les retours tirés du développement logiciel.
Les arguments de l’entreprise pour justifier ce moment précis sont concrets. L’offre de matériel informatique croît généralement de 20 à 30 % par an, tandis que la demande en intelligence artificielle nécessite une croissance à triple chiffres. La densité de calcul augmente de 28 fois entre la génération H100 et les serveurs de la série Rubin. Le consommation d’énergie d’un seul serveur augmente de 5 à 10 kilowatts à 100–250 kilowatts, avec une capacité de 1 mégawatt atteinte dans trois ans. Ce sont des contraintes au niveau physique – le niveau où les économies liées au logiciel étaient généralement considérées comme illimitées. Martin Casado, le partenaire qui dirige les investissements dans les infrastructures logicielles de l’entreprise, explique cette évolution en termes de fondateurs : “Notre objectif principal est de suivre les fondateurs et ce qui les intéresse”, dit-il, en indiquant le nombre de fondateurs qui ont investi dans le matériel informatique ces dernières années.
Quels sont les changements pour vous en tant qu’investisseur ? Ce n’est pas où vous placez votre argent aujourd’hui – le fonds n’est pas accessible. Mais la direction dans laquelle il se dirige est la même que celle que les sommes d’argent publiques, bien plus importantes, ont suivie depuis longtemps avant cette annonce. Les investissements de près de 700 milliards de dollars des entreprises technologiques représentent donc le flux réel ; ces investissements concernent des entreprises cotées en bourse spécialisées dans la conception de puces, la fabrication de mémoires, les fournisseurs de services réseau, les propriétaires de centres de données et les entreprises de distribution d’énergie. C’est ainsi que toute exposition en retail à cette théorie est intégrée dans ce flux. Le fonds a16z est donc une confirmation, plutôt que de nouvelles informations : une autre institution crédible qui affirme que le centre de gravité du cycle d’investissement en IA s’est déplacé du niveau modèle vers le niveau physique.
Cette confirmation mérite le même scepticisme que le chiffre indiqué dans l’annonce. Un cycle de dépenses de 700 milliards de dollars a déjà commencé à entraver les ressources financières des entreprises concernées. Les analystes prévoient que les flux de trésorerie gratuits d’Amazon deviendront négatifs cette année, en raison des dépenses liées à l’IA. Toute la chaîne industrielle ne peut générer des bénéfices que si la demande de ses produits se transforme en revenus et profits réels. Sinon, le risque retombe sur ceux qui détiennent la chaîne d’approvisionnement aux prix de l’époque de construction, sur le marché public – et non sur un fonds de capital-risque qui distribue des fonds privés sur une décennie. Personne ne devrait interpréter cette annonce comme une indication des entreprises qui gagneront. Le secteur de l’innovation est un domaine à haute variabilité ; une entreprise qui finance un fonds sectoriel montre simplement son enthousiasme pour ce domaine, et non une prévision concernant des entreprises spécifiques. La plupart des investissements de phase initiale échouent, même dans des domaines en pleine croissance.
Le critère qui déterminera la validité de cette thèse ne viendra pas des annonces de financement. Il viendra plutôt des comptes de flux de trésorerie des constructeurs eux-mêmes – que les revenus liés à l’IA augmentent en proportion avec les investissements, que l’utilisation de la nouvelle capacité soit efficace, et que les capacités énergétiques et de production de silicium promises soient effectivement livrées dans le temps prévu. Il faut attendre cela avant de considérer l’ère de l’informatique comme une situation stable. C’est là ce pour quoi ces annonces sont utiles : elles permettent de comparer les sommes d’argent avec les objectifs à atteindre, et de se fier au flux réel plutôt qu’à des promesses.
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